Au lendemain de l'assignation en référé de Renaissance pour parasitisme et contrefaçon de marque visant le slogan Pour la France, la Renaissance, trois cadres du Rassemblement national répliquent le 16 juillet sur trois antennes distinctes, en refusant le terrain juridique pour installer la dérision. Jean-Philippe Tanguy, sur RTL, juge l'action pathétique et parle de délire total, y voyant une diversion destinée à masquer le bilan du macronisme dans une séquence difficile, incendies et absence de climatisation. Laurent Jacobelli, sur franceinfo, conteste toute appropriation en revendiquant la référence à la Renaissance italienne et estime que personne n'associe ce mot à Gabriel Attal. Sébastien Chenu, sur France 2, écarte toute confusion possible et affirme que le parti ne retirera rien. La candidate et le président du parti restent, eux, hors du sujet. L'audience en référé est fixée au 27 juillet devant le tribunal judiciaire de Paris.
« Je pense que personne au monde n'associe le terme renaissance à Gabriel Attal »
Le dispositif rabaisse le litige au lieu de le disputer, et cet abaissement est délibéré. Répondre sur le fond, contester la marque devant le juge par des arguments de droit, reviendrait à reconnaître au différend le statut de bataille sérieuse, exactement ce que Renaissance cherche à lui donner. Le RN fait l'inverse, il traite l'action de pathétique et de délire, registre qui nie la gravité et refuse au litige toute dignité de séquence de campagne. Le recadrage complète la dérision, l'action n'est pas lue comme une défense de marque mais comme une diversion, un contre-feu allumé pour masquer un bilan et une actualité difficile, ce qui retourne l'assignation en aveu de faiblesse de l'adversaire. La distribution du dispositif est le second fait à lire, trois porte-voix sur trois antennes le même jour, jamais la candidate ni le président du parti, ce qui maintient le sujet à un niveau subalterne et interdit qu'il monte en épingle. C'est la stratégie exactement inverse de celle de Renaissance, où l'action est revendiquée au nom du candidat lui-même, l'un haussant le litige au rang de bataille d'identité, l'autre le rabaissant au rang d'anecdote. Sur le même objet, un mot, deux dispositifs opposés, et l'audience du 27 juillet tranchera le droit sans trancher la bataille de communication, qui se joue ailleurs.
Face à une attaque qui cherche à vous grandir en adversaire sérieux, la dérision est une arme de rabaissement, refuser la gravité prive l'assaillant du duel qu'il voulait. Confier la riposte à des porte-voix et garder le principal hors du sujet maintient le litige à un niveau subalterne, là où le porter soi-même le hausserait au rang d'événement. Le risque est connu, la dérision qui dure peut passer pour un refus d'argumenter, et si le juge tranche contre vous, l'anecdote que vous aviez construite se retourne en défaite que vous avez vous-même minimisée.
