En pleine canicule, le Rassemblement national a dévoilé mardi un plan baptisé 100 pour 100 Rénov', chiffré à 20 milliards d'euros de prêts verts et de prêts à taux zéro d'ici 2030, destiné à financer l'isolation et la climatisation des logements. Le RN annonce un coût nul pour les particuliers, gagé selon lui sur les économies d'énergie et le gain économique évité. La proposition est portée en matinale par le député Jean-Philippe Tanguy ; Marine Le Pen avait, deux jours plus tôt, sommé le gouvernement de trancher sur le principe de la climatisation.
« oui ou non à la climatisation ? »
Le dispositif déplace le centre de gravité du sujet climatique de la cause vers l'adaptation. En répondant à la canicule par l'équipement, isolation et climatisation, plutôt que par les émissions, le RN reformule le réchauffement en problème de confort et de pouvoir d'achat, terrain sur lequel il est plus à l'aise que sur celui de la transition. La mesure investit un champ historiquement écologiste, la rénovation thermique, et le tire vers la climatisation, ce qui revient à occuper le vocabulaire de l'adversaire en en changeant la finalité. Le calendrier fait le reste : adosser une annonce chiffrée à un événement météorologique subi par tous, pendant que l'exécutif temporise, capte une demande sociale immédiate et donne au parti la posture de celui qui agit quand les autres délibèrent. Le coût nul revendiqué appartient au registre de la promesse, vérifiable seulement à l'épreuve du gage.
Répondre à un événement subi par tous avec une mesure concrète et chiffrée capte l'attention mieux qu'un discours de principe, surtout quand l'adversaire temporise. Le revers est que reformuler un sujet pour le rendre plus favorable, ici le climat en confort, expose à la contestation sur ce qu'on a écarté, la cause, et que le coût nul promis devient le point d'attaque dès qu'on demande le détail du gage.