Réuni en Conseil national, le Parti socialiste a tenté d'arrêter la question soumise au vote de ses militants le 9 juillet sur le mode de désignation de son candidat. Le premier secrétaire Olivier Faure défend une primaire ouverte à l'ensemble des Français, ses opposants Boris Vallaud et Nicolas Mayer-Rossignol plaidant pour une désignation par les seuls adhérents. L'enjeu réel est le leadership de la gauche social-démocrate et le rapport de force avec Raphaël Glucksmann. En parallèle, les Écologistes de Marine Tondelier ont lancé une consultation de leurs militants du 1er au 6 juillet pour valider la poursuite de sa candidature en cas d'échec de la primaire, tandis que L'Après, Debout et Générations ont prévenu par courrier qu'ils ne soutiendraient pas un candidat non issu d'une primaire.
« un départage démocratique »
Le dispositif met en scène une décision de méthode pour différer une décision de nom. En débattant du mode de désignation, primaire ouverte ou vote des seuls adhérents, le PS occupe le terrain de la procédure faute de pouvoir trancher celui de l'incarnation, et donne à voir un mouvement là où le rapport de force réel, le leadership social-démocrate face à Glucksmann, reste suspendu. Le choix entre primaire ouverte et vote des adhérents n'est pas technique : une primaire ouverte élargit le corps électoral au-delà du parti, ce qui avantage les figures à forte notoriété externe, quand le vote des adhérents protège l'appareil. La question de méthode est donc une bataille de leadership déguisée en débat de règlement. La consultation écologiste lancée en parallèle et le courrier des petites formations qui conditionnent leur soutien à une primaire ajoutent des horloges concurrentes : chaque acteur pose son propre calendrier, et l'empilement de ces échéances, vote socialiste du 9, consultation écologiste du 1er au 6, transforme la première semaine de juillet en feuilleton procédural où la méthode tient lieu de récit, faute d'un nom qui en tienne lieu.
Trancher une méthode quand on ne peut pas trancher un nom donne l'image du mouvement sans en prendre le risque, mais le procédé a une limite : une règle de désignation n'est jamais neutre, elle avantage un profil et en désavantage un autre, de sorte que le débat de procédure est lu, à juste titre, comme la bataille d'incarnation qu'il prétend reporter. Multiplier les calendriers concurrents occupe l'espace, mais expose aussi le camp à n'apparaître que comme une mécanique, pas comme une offre.