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Marchés publics d’influence : ce que les données laissent voir
Le Journal ELMARQ ↗Analyse · N°7041
Décryptage & Influence

Marchés publics d’influence : ce que les données laissent voir

Taux d’offre unique, plafonds, saisies : ce que les données de la commande publique permettent vraiment de savoir de l’influence achetée.

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Panneau d'Eau de Paris au bord de la Seine et dossier de marché public
© ELMARQ · Illustration éditoriale
En brefLa synthèse de cette analyse

Les données essentielles de la commande publique recensent, selon un recalcul d'ELMARQ au 26 octobre 2026, 20 marchés d'influence institutionnelle (lobbying, affaires publiques, conseil stratégique), pour 11,2 M€ notifiés, du 1er janvier 2024 au 29 octobre 2026. Ces montants sont des montants notifiés ou des maximums, jamais des dépenses. Le taux d'offre unique de 46 % affiché par un observatoire tombe à 34,9 % sans les marchés passés sans publicité, et l'accord-cadre du SIG plafonné à 178,8 M€ y est saisi pour 3 276 800 €.

À retenir

3 points clés
  1. Les données publiques de la commande publique ne mesurent pas l’influence achetée par les acheteurs publics : elles enregistrent ce que chaque acheteur choisit d’y saisir, et les chiffres qui circulent additionnent souvent des plafonds.

  2. Un classement de titulaires bâti sur ces fichiers mesure la capacité de commande ouverte par les acheteurs, pas l’argent versé aux agences.

  3. Ce que le public sait de l’influence qu’il finance résulte d’une somme de saisies, et chaque maillon ne voit que la sienne.

Le 14 août 2026, Eau de Paris, régie de l’eau de la capitale, publie au Bulletin officiel des annonces des marchés publics et au Journal officiel de l’Union européenne un avis intitulé « Conseil stratégique et accompagnement en communication d’influence ». Il vise à « doter Eau de Paris d’un accompagnement externe de haut niveau pour analyser son environnement médiatique, institutionnel et réputationnel, renforcer ses positionnements et préparer ses prises de parole », face à « la montée des enjeux liés à la ressource en eau dans un contexte de débats plus exposés et de risques réputationnels accrus ». La forme est un accord-cadre à bons de commande, mono-attributaire, de 50 000 à 420 000 € HT sur 36 mois, sans renouvellement, au titre de la directive 2014/25/UE sur les entités adjudicatrices. Les offres étaient attendues au plus tard le 29 septembre ; le début est estimé au 14 décembre 2026. L’avis ne mentionne ni lobbying ni représentation d’intérêts.

Le besoin existait : le même intitulé figurait au lot 1 d’un marché attribué à Ginger Blue le 8 décembre 2022, après 3 offres, selon l’avis d’attribution. Au même moment circulent des chiffres d’observatoires privés : 46 % d’offre unique pour PublicOffre, 564 M€ de marchés pour Adgencia. ELMARQ a refait les calculs sur les données essentielles de la commande publique consolidées au 26 octobre 2026, pour les marchés notifiés du 1er janvier 2024 au 29 octobre 2026.

Les données publiques de la commande publique ne mesurent pas l’influence achetée par les acheteurs publics : elles enregistrent ce que chaque acheteur choisit d’y saisir, et les chiffres qui circulent additionnent souvent des plafonds.

Ce que les fichiers publics permettent d’établir

Le taux de PublicOffre se retrouve : sur son périmètre (codes de nomenclature 7934 et 7995, marchés notifiés depuis le 29 octobre 2024), ELMARQ compte 764 acheteurs, le nombre publié, et 975 offres uniques sur 2 142 marchés dont le nombre d’offres est renseigné : 45,5 %. Ce taux mêle 2 populations. Sans les marchés passés sans publicité ni mise en concurrence, il tombe à 34,9 % (618 sur 1 771) ; ces marchés seuls atteignent 96,2 % (357 sur 371). Un marché sans publicité ne consulte souvent qu’un opérateur, pour des motifs que le code admet : une offre unique n’est pas en soi une anomalie.

Infographie : Un taux de 46 % qui additionne 2 réalités
Sources : PublicOffre, données du 28/10/2026 ; DECP consolidées (data.gouv.fr, 26/10/2026), CPV 7934 et 7995, recalcul ELMARQ (dédoublonnage strict).

La série n’est pas homogène. Le décret n° 2025-1386 du 29 décembre 2025 a porté de 40 000 à 60 000 € HT le seuil de dispense de publicité et de mise en concurrence pour les fournitures et services, pour les consultations engagées à partir du 1er avril 2026. Le seuil de publication des données essentielles reste fixé à 40 000 € HT par l’article R. 2196-1 du code de la commande publique, mais ce même article permet, pour les marchés conclus sous le seuil de dispense, de remplacer cette publication par une liste annuelle « sur le support de son choix » : un marché sans publicité de 40 000 à 60 000 € peut désormais sortir des fichiers. Parmi les marchés notifiés depuis le 1er avril, les marchés sans publicité passent pourtant de 16,7 % à 19,5 % de ceux dont le nombre d’offres est renseigné, et le taux d’offre unique des autres de 36,5 % à 29,2 %. Une partie de ces marchés a été lancée avant cette date, la période est courte et les derniers mois sont incomplets : l’écart ne s’attribue pas au seul seuil, mais toute comparaison entre années doit en tenir compte.

Le cœur « influence » est plus étroit que le mot. ELMARQ a filtré l’objet des marchés sur influence, lobbying, affaires publiques, relations institutionnelles, communication de crise et réputation, puis relu les 280 objets retenus : 98 lignes restent, dont 35 ne doivent le mot qu’au marketing d’influenceurs sur les réseaux sociaux et 6 sont des doublons. L’influence institutionnelle, lobbying, affaires publiques et conseil stratégique, se réduit à 20 marchés, 11,2 M€ notifiés, une médiane de 172 000 € et 18 acheteurs ; seuls 4 ont reçu une offre unique, dont le plus gros, 3,44 M€, soit 31 % du total, attribué par Caux Seine Agglo à sa propre société publique locale. La Caisse centrale de la mutualité sociale agricole a ainsi retenu Anthenor Public Affairs en janvier 2025, après 7 offres, pour 144 000 € au maximum (avis européen). Aucun ministère n’y figure.

Ce que les fichiers ne disent pas

Cette absence tient d’abord à la saisie. Le Service d’information du Gouvernement (SIG) a notifié le 8 avril 2024 son accord-cadre interministériel de conseil et de création, jusqu’au 7 avril 2028, d’un maximum de 178,8 M€ HT selon l’avis d’attribution. Dans les données essentielles, ELMARQ retrouve 18 lignes, 9 lots à 2 attributaires, pour un total saisi de 3 276 800 €, environ 55 fois moins. L’acheteur y est un identifiant générique de l’État, « Services de l’État pour la facturation électronique ». Plusieurs titulaires de l’avis n’y apparaissent pas sous leur numéro Siren. Aucune pièce ne l’explique.

La Région Pays de la Loire a attribué à EY Advisory, après 11 offres, le lot 1 de son marché « Influence européenne », qui comprend le « lobbying auprès des institutions européennes », pour un maximum de 800 000 € sur 48 mois selon l’avis européen. Les données essentielles en portent 200 000 €, le quart, peut-être un montant annuel. Le cas n’est pas isolé : sur 40 des 98 marchés, tirés au hasard et confrontés à leurs avis, l’avis n’est retrouvé que pour 21 ; quand il donne un montant comparable, la saisie s’en écarte de plus de 1 % dans 8 cas sur 13, de 8 % à 400 % du montant annoncé.

Infographie : le montant saisi s'écarte de l'avis dans 8 cas sur 13
Sources : avis BOAMP et TED ; données essentielles au 26/10/2026. Échantillon aléatoire de 40 marchés, 13 comparables. Calculs ELMARQ.

D’autres marchés manquent par effet de calendrier. Le lot « communication institutionnelle et d’influence » du Centre national d’enseignement à distance (CNED), qui inclut une « stratégie de lobbying auprès des institutionnels et les leaders d’opinion », a été conclu le 27 février 2023 avec Bernard Sananes Conseils (Elabe), après 3 offres, selon l’avis d’attribution ; ses 1,6 M€ sont un plafond sur 4 ans. Notifié avant 2024, il relève de fichiers antérieurs, comme le marché d’Eau de Paris de 2022. Les derniers mois sont incomplets : 5 864 marchés en octobre 2026, contre 20 243 en octobre 2025.

Aucun de ces fichiers ne contient une dépense. Le seul chiffre de dépense du dossier vient de la Cour des comptes : 527,2 M€ de crédits de paiement sur les accords-cadres interministériels du SIG de 2017 à 2022. En 2011 déjà, saisie par l’Assemblée, la Cour enquêtait sur les « dépenses de communication des ministères et de leurs opérateurs », selon Libération. Le Panorama 2025 du SIG compte 73 marchés en portefeuille, dont 48 interministériels, sans aucun montant.

Le mécanisme : des plafonds additionnés deviennent un marché

Selon l’arrêté du 22 décembre 2022, le champ montant est « le montant HT forfaitaire en euros ou estimé maximum en euros ». Tout accord-cadre porte un maximum, et les bons de commande ne sont pas publiés comme des marchés distincts. Additionner ces montants revient à additionner des plafonds, sauf quand l’acheteur a saisi autre chose.

Le moratoire de fin 2025 l’a rendu visible. Sa note d’application proscrit jusqu’au 31 décembre 2025 tout nouvel engagement de communication, mais précise que « la publication, passation ou notification de marchés publics dédiés à des prestations de communication restent autorisées, sous réserve qu’aucun acte de gestion (bon de commande, ordre de service…), synonyme d’une dépense nouvelle, ne soit émis ». Un marché notifié pendant le moratoire entre dans les données essentielles avec son montant, sans qu’un euro soit dépensé.

Les 564 M€ d’Adgencia en sont l’illustration. Sa méthode compte les accords-cadres « à leur montant maximal estimé » et exclut les montants supérieurs à 30 M€. Pour 7 des 10 premiers titulaires de son classement, du 3e trimestre 2025 au 2e trimestre 2026, ELMARQ redonne exactement le nombre de marchés et le montant. L’observatoire est édité par une société qui exploite un annuaire commercial d’agences. Le filtre par codes ramasse aussi du hors-sujet : le seul marché d’un titulaire du classement, 27,6 M€, est une délégation de service public pour la gestion d’un théâtre, classée en événementiel. Et des lots multi-attributaires publiés en lignes séparées comptent le même plafond plusieurs fois. PublicOffre écarte, lui, les accords-cadres de ses sommes : « leur montant publié est un maximum, pas une dépense ».

Un classement de titulaires bâti sur ces fichiers mesure la capacité de commande ouverte par les acheteurs, pas l’argent versé aux agences.

L’arbitrage déplacé : qui décide de ce que le public peut savoir

Aucune autorité ne tient la décision entière : l’acheteur saisit montant, offres et titulaires, et doit publier les marchés d’au moins 40 000 € HT dans les 2 mois suivant la notification. Les services du ministère de l’Économie, éditeurs du jeu consolidé, rassemblent ces saisies.

L’État s’est donné un instrument de mesure, puis une promesse de transparence. La circulaire du Premier ministre n° 6506/SG du 4 octobre 2025 fixe une « réduction de 20 % des dépenses de communication en 2026 par rapport au niveau de 2025 », proscrit jusqu’à fin 2025 tout nouveau marché de communication « hors accords-cadres interministériels sous mandat de la DAE », la direction des achats de l’État, et prévoit que « la direction du budget assurera dès l’exercice 2026 un suivi du montant des dépenses de communication ». L’instruction n° 6514/SG du 15 décembre 2025 change de base et d’échelle : les dépenses de communication de l’État et de ses opérateurs « avaient dépassé le milliard d’euros en 2024 » et « diminueront de 300 millions d’euros en 2026 par rapport à l’exercice budgétaire 2024 », de 20 % pour les ministères et de 40 % pour les opérateurs. Les administrations et les opérateurs « présenteront au Parlement le contenu détaillé de leurs dépenses de communication pour chaque exercice budgétaire », et « une synthèse de l’ensemble des marchés publics passés pour leur mise en œuvre, incluant leurs titulaires et leurs conditions d’exécution » sera « transmise à l’occasion de l’examen de la loi de Finances pour l’année suivante ».

Le projet de loi de finances pour 2027 est en discussion. Parmi ses annexes publiées par l’Assemblée nationale, consultées le 29 octobre 2026, aucune n’est consacrée aux dépenses de communication. La seule série de dépenses comptabilisées figure dans le rapport sur le recours aux conseils extérieurs : la nature d’achat « conseil en communication » du budget général y pèse 4,27 M€ en 2024 et 2,96 M€ en 2025, hors opérateurs. C’est une seule des 9 natures d’achat que la note d’application du moratoire de 2025, émise par le SIG et la mission État efficace, range dans la communication, aux côtés de la création, de l’événementiel, des agences, de l’achat d’espace et des enquêtes d’opinion. Face au milliard que l’instruction établit, ce poste ne mesure qu’une fraction de la fonction et ne tient pas lieu de la synthèse promise, dont la transmission peut encore intervenir pendant l’examen. Dans les seules données ouvertes, l’accord-cadre du SIG figure pour moins de 2 % de son maximum.

La Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) ne voit que les cabinets inscrits. Selon l’article 18-3 de la loi n° 2013-907, toute personne exerçant une représentation d’intérêts « pour le compte de tiers » communique à la Haute Autorité « l’identité de ces tiers » ; ses lignes directrices précisent qu’« il peut donc s’agir d’administrations publiques nationales ». Le répertoire montre qu’Anthenor Public Affairs déclare la Caisse centrale de la mutualité sociale agricole depuis 2019, et Euralia l’ordre des masseurs-kinésithérapeutes, qui lui a attribué en 2026 un marché d’affaires publiques. Le SIG et France Travail ne sont déclarés clients d’aucun cabinet ; un conseil en communication n’est pas en soi une représentation d’intérêts, qui suppose une action auprès des responsables publics visés par la loi. Nous avions établi le 27 octobre qu’un registre de lobbying enregistre des démarches déclarées par ceux qui les mènent, sans mesurer ce qu’elles produisent : il ne mesure pas davantage ce qu’un acheteur public a payé.

Les observatoires privés comblent ce vide. Ce que le public sait de l’influence qu’il finance résulte d’une somme de saisies, et chaque maillon ne voit que la sienne.

Ce que diront les prochains avis

Eau de Paris doit démarrer son marché vers le 14 décembre 2026 : l’avis d’attribution dira le titulaire et le nombre d’offres, et la ligne des données essentielles, attendue dans les 2 mois suivant la notification, dira si le montant saisi est le maximum de 420 000 €. Le marché de conseil en affaires publiques de France Travail, estimé à 435 000 € HT dans l’avis du 19 juin 2026, figure déjà dans les fichiers au 16 octobre pour 402 400 €, à confirmer par son avis d’attribution.

Le SIG a lancé le 25 juin 2026 le renouvellement de son marché de conseil et d’achat média, maximum 815 M€ HT sur 4 ans, selon l’avis européen : le montant saisi pour le successeur dira si l’écart se répète. L’arrêté sur les données essentielles, modifié par un arrêté du 2 octobre 2026 en partie en vigueur depuis le 10 octobre selon Légifrance, se lira dans les prochaines consolidations. Enfin, la synthèse promise par l’instruction du 15 décembre 2025, si elle est transmise pendant l’examen du budget 2027, dira si l’objectif de 300 M€ est tenu et donnera pour la première fois, marché par marché, une dépense et un titulaire à côté des plafonds.

Les données de cette analyse sont publiques : le fichier des 98 marchés, avec le classement d’ELMARQ, les identifiants des avis officiels et, pour les 40 marchés contrôlés, le montant de l’avis face au montant saisi, et la note de méthode qui fixe les règles de filtre, de classement et d’échantillonnage, sous Licence Ouverte.

Pièces lues le 29 octobre 2026 : avis BOAMP et TED cités en lien, dont le texte intégral de l’avis 26-80341 transmis par Marc ; observations S2023-1323 de la Cour des comptes ; lignes directrices et répertoire de la HATVP ; Panorama 2025 du SIG, circulaire n° 6506/SG du 4 octobre 2025 (NOR PRMX2529218C), instruction n° 6514/SG du 15 décembre 2025 (NOR PRMX2536323J), communiqué du Premier ministre du 30 novembre 2025, note d’application du moratoire applicable aux dépenses de communication 2025 (SIG et mission État efficace), décret n° 2025-1386 du 29 décembre 2025 et article R. 2196-1 du code de la commande publique dans leur version Légifrance, et article 18-3 de la loi n° 2013-907, textes transmis par Marc ; liste des annexes du projet de loi de finances pour 2027 et rapport sur le recours aux conseils extérieurs, sur le site de l’Assemblée nationale. L’effet du seuil du 1er avril 2026 est calculé sur la même base dédoublonnée, par date de notification. Recalculs d’ELMARQ sur les fichiers consolidés du 26 octobre 2026, dédoublonnés par acheteur, identifiant et code de nomenclature ; 96,2 % est obtenu par différence. Classement des périmètres et contrôle des 40 marchés : un seul lecteur, selon une règle écrite. Les 46 % et les 564 M€ sont attribués à PublicOffre et à Adgencia, l’arrêté du 2 octobre 2026 à la version consolidée de Légifrance. Aucune exclusivité n’est revendiquée et aucune entreprise citée n’est mise en cause. Déclaration d’intérêts : ELMARQ est une agence de communication et de stratégie ; elle n’apparaît comme titulaire d’aucun marché dans les données consolidées consultées (recherche sur le Siren 104 071 139).

§ Questions fréquentes

Ce qu'il faut comprendre

Que contient le marché d’influence d’Eau de Paris lancé en 2026 ?

L’avis publié le 14 août 2026 décrit un accompagnement pour analyser l’environnement médiatique, institutionnel et réputationnel de la régie et préparer ses prises de parole. C’est un accord-cadre à bons de commande de 50 000 à 420 000 € HT sur 36 mois, dont le début est estimé au 14 décembre 2026. L’avis ne mentionne ni lobbying ni représentation d’intérêts.

Le taux de 46 % d’offre unique est-il exact ?

Le recalcul d’ELMARQ sur les données essentielles retrouve 45,5 % sur le même périmètre. Mais ce taux mêle les marchés passés sans publicité, à offre unique dans plus de 96 % des cas, et les autres, où la part tombe à 34,9 %. Une offre unique peut avoir des causes légitimes.

Pourquoi les montants des données essentielles ne sont-ils pas des dépenses ?

Pour un accord-cadre, le champ montant contient le maximum estimé, et les bons de commande ne sont pas publiés séparément. Certains acheteurs saisissent autre chose : pour l’accord-cadre interministériel du SIG, plafonné à 178,8 M€, les lignes publiées totalisent 3 276 800 €.

Que valent les classements d’agences établis à partir des marchés publics ?

Ils additionnent souvent des plafonds d’accords-cadres. Le chiffre de 564 M€ d’Adgencia le dit dans sa méthode, et ELMARQ le retrouve à l’identique pour 7 des 10 premiers titulaires. Ces sommes mesurent une capacité de commande, pas l’argent versé.

Une administration peut-elle être cliente déclarée d’un lobbyiste ?

Oui. Selon les lignes directrices de la HATVP, le tiers pour le compte duquel un représentant d’intérêts agit peut être une administration publique. Certains cabinets déclarent des clients publics, d’autres non, et un conseil en communication n’est pas en soi une représentation d’intérêts : aucune conclusion ne se tire d’une absence.

L’État publie-t-il le détail de ses dépenses de communication ?

L’instruction du Premier ministre n° 6514/SG du 15 décembre 2025 prévoit de présenter au Parlement le contenu détaillé de ces dépenses et une synthèse des marchés, titulaires compris, lors de l’examen de la loi de finances suivante. Au 29 octobre 2026, aucune annexe du projet de loi de finances pour 2027 publiée par l’Assemblée nationale n’y est consacrée ; le rapport sur les conseils extérieurs ne suit que le conseil en communication du budget général, 2,96 M€ en 2025.

§ Sources

Références citées

Références citées dans cette analyse : documents originaux, enquêtes, reprises de presse et travaux ELMARQ. Celles qui disposent d'une adresse publique sont liées directement, pour que chaque affirmation puisse être remontée à son émetteur.

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  17. 17
    Légifrance, « Loi n° 2013-907 du 11 octobre 2013 relative à la transparence de la vie publique », article 18-3, version consolidée au 29 octobre 2026
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    Service d'information du Gouvernement et mission État efficace, « Moratoire applicable aux dépenses de communication 2025, note d'application », fin 2025, avec en annexe le périmètre des 9 groupes de marchandises Chorus concernés (document transmis)
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    Légifrance, « Code de la commande publique, article R. 2196-1 », version en vigueur depuis le 1er janvier 2024, consultée le 29 octobre 2026
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Votre prochaine lecture
L’analyse de

Marc Lugand-Sacy

Fondateur, Président et associé d’ELMARQ.

Citer cette analyse
§ Citer cet article
Référence académique

Lugand-Sacy, Marc (2026). Marchés publics d’influence : ce que les données laissent voir. Journal ELMARQ. https://elmarq.fr/journal/marches-publics-influence-donnees

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