Fin août 2026, Bruno Retailleau, candidat des Républicains, durcit sa campagne de rentrée et maintient sa candidature malgré un crédit sondagier sous les 10 %. Dans un entretien au Figaro, il se dit certain de pouvoir gagner l'élection et attaque tous ses rivaux, Marine Le Pen à qui il reproche un programme économique qu'il qualifie de socialiste, encourageant l'assistanat et menant selon lui le pays à la ruine, La France insoumise qu'il accuse de préparer le chaos et qu'il a qualifiée quelques jours plus tôt de parti de collabos, Édouard Philippe et Gabriel Attal qu'il présente comme des centristes comptables du bilan de la présidence Macron. Il exclut tout ralliement, revendique une rupture profonde et se pose en alternative au choc brutal entre La France insoumise et le Rassemblement national, qui conduirait selon lui à la chienlit.
Le dispositif est celui d'un candidat faible qui existe par l'attaque tous azimuts. Crédité sous les 10 %, Retailleau ne peut pas jouer la position dominante, il joue la différenciation maximale, un adversaire à chaque point cardinal, l'extrême gauche du chaos, l'extrême droite au projet qu'il dit socialiste, et le centre comptable du macronisme. Le cadrage central est celui de la troisième voie, ni le choc LFI contre RN qui mènerait à la chienlit, ni la continuité centriste, mais une rupture de droite qu'il revendique seul. La dramatisation fait le reste, parti de collabos, préparer le chaos, ruiner le pays, un lexique d'escalade qui garantit la reprise médiatique quand la cote sondagière ne l'assure pas. Le mouvement porte une tension propre, affirmer je peux gagner sous les 10 % expose au démenti permanent des enquêtes, et l'escalade verbale qui sert à exister peut aussi enfermer dans un registre qui isole plutôt qu'il ne rassemble. Le point à surveiller est l'articulation entre la fermeté du propos et la construction d'un socle, la rupture proclamée ne devient une candidature que si elle agrège au-delà du noyau.