Le 27 août 2026, lors du premier débat de campagne à la REF du Medef, Marine Le Pen, candidate du Rassemblement national, déroule une offre économique d'orthodoxie devant le monde patronal. Elle annonce un plan de redressement des finances publiques de 125 milliards d'euros d'économies, qu'elle promet de présenter avant le débat budgétaire d'automne, plaide pour l'inscription d'une règle d'or budgétaire dans la Constitution et pour l'arrêt de l'excès normatif, et défend une réforme des retraites, retraite à 60 ans pour ceux entrés dans l'emploi avant 20 ans, âge légal ramené vers 62 ans à terme et 42 années de cotisation. Le lendemain, la presse économique lit la séquence comme une délicate opération de séduction du monde économique, un auditoire dont la candidate dit qu'il a beaucoup souffert au cours des dix dernières années.
Le dispositif est une triangulation assumée sur le terrain le moins naturel du Rassemblement national, l'orthodoxie budgétaire. En chiffrant 125 milliards d'économies et en réclamant une règle d'or constitutionnelle devant le patronat, Le Pen vient disputer à la droite et au centre le registre du sérieux gestionnaire, et signale qu'un parti dont le programme économique passait rarement pour orthodoxe peut parler la langue de la rigueur. C'est une opération de normalisation par la crédibilité économique, adressée moins à son socle qu'aux dirigeants d'entreprise dont elle cherche l'adoubement. Le mouvement porte une tension de fond, l'économie massive affichée devant le Medef coexiste mal avec la promesse de pouvoir d'achat et de relance qui structure son électorat populaire, et la retraite à 60 ans pour les carrières longues tente précisément de tenir les deux bouts. Le point à surveiller est la gestion de cette contradiction, à mesure que le chiffrage se précisera avant le budget d'automne, chaque euro d'économie annoncé au patronat devra être défendu devant un électorat qui n'attend pas la rigueur.