Aux journées d'été des Écologistes à Grenoble, dont l'ouverture était prévue le 20 août mais dont son discours a été reporté au vendredi 21 août en raison des orages violents attendus dans le Sud-Est, Marine Tondelier tient une ligne d'équilibriste. Elle maintient à ce stade une candidature écologiste autonome tout en faisant de l'union de la gauche la condition de la victoire, aucune famille ne pouvant gagner seule. Elle refuse de trancher entre Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann, dit vouloir faire une campagne écologiste et non celle de l'un ou de l'autre, et renvoie la décision à plus tard. Elle résume les deux menaces, effondrement climatique et arrivée de l'extrême droite au pouvoir, par un antidote unique, l'écologie et l'union, et dénonce l'injonction faite aux Écologistes d'arbitrer une gauche qui veut s'entre-tuer. L'ancien maire de Grenoble Éric Piolle est absent de l'accueil, officiellement pour raisons d'agenda, absence lue comme un signe de tension interne.
« Nous n'avons pas le droit de perdre chacun de notre côté une élection que nous pouvons gagner ensemble »
Le dispositif est une triangulation défensive. Prise en tenaille entre un Mélenchon qui vient de planter son drapeau sur l'écologie et un Glucksmann qui s'apprête à se déclarer, Tondelier tient les deux à distance égale, ni sa campagne, ni la sienne, ce qui préserve l'autonomie de la marque écologiste sans fermer la porte à l'union. Le cadrage réduit la complexité à une équation simple, deux menaces, un antidote, l'écologie et l'union, formule qui la place en arbitre plutôt qu'en partie. L'esquive organise le tempo, on prendra la bonne décision au bon moment, ce qui lui laisse la main tant que le rapport de forces n'est pas figé. La force de la position est de rendre l'union désirable sans s'y soumettre, sa fragilité est qu'elle repose sur un pouvoir de nuisance, appuyer ou non sur la gâchette que les autres lui tendent, plus que sur une dynamique propre. L'absence d'Éric Piolle est le signal faible à surveiller, une contestation interne du leadership au moment où il faudrait l'unité.