Dans un entretien aux Échos publié le 17 juin, Gabriel Attal, secrétaire général de Renaissance et candidat, a détaillé un plan France 2040 pour l'intelligence artificielle et l'innovation doté de 200 milliards d'euros, à parité entre financement public et privé. Il a assumé un arbitrage budgétaire clivant, préférant utiliser les futures marges de manœuvre pour investir dans l'IA plutôt que de revaloriser automatiquement chaque année l'ensemble des prestations sociales. Il a prolongé la séquence au 8h30 franceinfo le 18 juin, où il a réaffirmé le plan, évoqué un volet de formation des salariés à l'IA et soutenu la ligne diplomatique d'Emmanuel Macron sur le dossier iranien.
« un plan France 2040 pour l'IA et l'innovation qui mobilise 200 milliards d'euros »
Le dispositif occupe le terrain par un marqueur de fond plutôt que par une polémique. En choisissant l'intelligence artificielle, sujet d'avenir peu disputé à ce stade dans la campagne, Attal plante un drapeau programmatique là où l'espace est encore libre, et se distingue d'un bloc central qui cherche surtout à contenir sa rivalité interne. La force du geste tient moins au chiffre, 200 milliards, qu'à l'arbitrage qui l'accompagne : assumer publiquement de préférer l'investissement dans l'IA à la revalorisation automatique des prestations sociales transforme une annonce technique en ligne de différenciation, un choix de société exposé plutôt qu'un catalogue. Le déploiement sur deux canaux en 48 heures, entretien de presse écrite puis matinale radio nationale, installe le marqueur dans la durée courte et lui donne le statut de séquence, pas de petite phrase. L'alignement affiché sur la ligne diplomatique présidentielle, sur le dossier iranien, complète le positionnement : occuper le centre par le sérieux d'État autant que par la prospective.
Planter un marqueur sur un terrain encore vacant vaut mieux que de surenchérir sur un sujet déjà saturé : on y gagne la propriété du thème. Mais un marqueur n'imprime que s'il est adossé à un arbitrage assumé : c'est le choix qui fâche, pas le montant, qui rend l'annonce mémorable. Le revers est que l'arbitrage exposé devient à son tour une cible, l'adversaire n'attaquant plus l'IA mais la prestation sociale qu'on a accepté de ne pas revaloriser.