Raphaël Glucksmann, qui ne s'est pas encore officiellement déclaré et se donne jusqu'en septembre, tient son meeting de lancement ce samedi 13 juin aux Docks d'Aubervilliers, près d'une semaine après celui de Jean-Luc Mélenchon à Saint-Denis (plus de 20 000 personnes selon LFI). L'événement suit la sortie de son livre « Nous avons encore envie » et l'annonce d'une réflexion de trois mois. Son équipe assume une salle d'environ 3 000 places et un positionnement qualitatif distinct. L'objectif affiché est de mettre le Parti socialiste sous pression et d'enclencher une dynamique ; les soutiens Laurence Rossignol et Carole Delga sont présents, une partie des socialistes restant sceptique.
« en finir avec la gauche qui tire la gueule »
Le calendrier est l'arme principale : caler son lancement quelques jours après le meeting de masse de Mélenchon installe d'emblée un face-à-face dont chaque dispositif se construit par contraste avec l'autre. La jauge modeste, environ 3 000 places, n'est pas subie mais retournée en argument, le qualitatif opposé au volume, ce qui désamorce par avance la comparaison de foule. Sans candidature déclarée ni primaire, le meeting sert à matérialiser physiquement le rassemblement revendiqué en parole. L'objectif réel se joue moins sur la salle que sur la pression mise au Parti socialiste : la formule d'un départage implicite, « avec ou sans le PS », transforme l'événement en ultimatum adressé à une famille politique pour capter l'espace de la gauche non insoumise.
Quand on ne peut pas gagner sur le volume, on déplace le critère : on choisit le terrain de comparaison où l'on est fort plutôt que de subir celui de l'adversaire. Adresser un ultimatum implicite à ses propres alliés est un pari à double tranchant, il crée de la dynamique mais expose à l'accusation de diviser.