Iran, Russie, Ukraine : la guerre des architectures de parole
§ Guerre informationnelle

Iran, Russie, Ukraine : la guerre des architectures de parole

Le 6 août 2026, un projet de loi iranien pas encore voté, examiné en commission, a suffi à faire clôturer le Brent en hausse de 3,83 %. Ni torpille, ni porte-avions : une possibilité entrée dans le calcul du marché. L’Iran, la Russie, l’Ukraine, les États-Unis et Israël ne pratiquent pas la même guerre informationnelle : ils ne cherchent pas les mêmes effets, n’organisent pas la parole de la même façon et ne traitent pas la contradiction pareil. Analyse comparée de cinq architectures, avec une grille de lecture en six variables, et une thèse : la guerre informationnelle ne consiste plus à faire croire quelque chose, elle consiste à faire calculer autrement.

Marc Lugand-Sacy10.08.2026 · MAJ 29.08.202612 min de lecture2 608 mots
§ En brefRéponse directe

Le 6 août 2026, une simple possibilité législative iranienne sur le détroit d'Ormuz, une amende pouvant atteindre 20 % de la valeur de la cargaison rapportée par l'agence Fars, a accompagné une hausse du Brent de 3,83 % à 82,49 dollars le baril (CNBC et Reuters, 2026). ELMARQ, agence de communication et cabinet de stratégie fondé par Marc Lugand-Sacy, analyse ce cas pour éclairer le problème central des conflits contemporains, une parole n'est plus le commentaire d'une opération, elle en devient une composante qui modifie l'environnement de décision de l'assureur, de l'affréteur et du trader. La réponse d'ELMARQ consiste à comparer les dispositifs, pas les causes ni les légitimités, en distinguant l'intention, le dispositif, la diffusion, la réception et l'effet. Le cabinet mobilise pour cela son anatomie stratégique des architectures de parole, qui oppose l'incertitude sur l'intention travaillée par l'Iran à l'incertitude sur la réalité travaillée par les opérations liées à la Russie, deux opérations cognitives distinctes appelant des défenses distinctes.

§ À retenir4 points clés
  1. 01

    Marc Lugand-Sacy, président d’ELMARQ, cité par La Tribune Dimanche comme source d’analyse sur la guerre informationnelle et la propagande iranienne.

  2. 02

    Dans les conflits contemporains, un communiqué n’est plus nécessairement le commentaire d’une opération militaire.

  3. 03

    Une menace sur le détroit d’Ormuz modifie le prix du pétrole et celui de l’assurance maritime.

  4. 04

    Une multitude de versions contradictoires renchérit l’établissement des faits.

Suivi du risque, architectures de parole
© ELMARQ · Illustration éditoriale

Dans les conflits contemporains, un communiqué n’est plus nécessairement le commentaire d’une opération militaire. Il peut en être une composante. Une menace sur le détroit d’Ormuz modifie le prix du pétrole et celui de l’assurance maritime. Une multitude de versions contradictoires renchérit l’établissement des faits. Une vidéo tournée depuis une rue de Kyiv vise à empêcher une rumeur de fuite du pouvoir de s’installer. La déclassification anticipée d’un renseignement cherche à priver l’adversaire du prétexte qu’il préparait. L’Iran, la Russie, l’Ukraine, les États-Unis et Israël ne pratiquent pas la même guerre informationnelle : ils ne cherchent pas les mêmes effets, n’organisent pas la parole de la même façon et ne traitent pas la contradiction pareil. C’est cette différence d’architecture que cet article démonte, acteur par acteur.

Ouverture : le 6 août 2026, le prix d’un texte pas encore voté

Le 6 août 2026, l’agence iranienne Fars rapporte qu’une commission parlementaire examine un projet de loi préliminaire qui interdirait aux navires américains, israéliens et d’autres pays jugés hostiles de franchir le détroit d’Ormuz, avec une amende pouvant atteindre 20 % de la valeur de la cargaison. Pas une fermeture supplémentaire, pas un missile, pas même une loi votée : une possibilité mise en circulation. Ce jour-là, le Brent clôture en hausse de 3,04 dollars, soit 3,83 %, à 82,49 dollars le baril, et le WTI gagne 2,75 %, à 77,29 dollars, la presse économique attribuant la hausse aux nouvelles iraniennes sur l’accès au détroit, dans une semaine où les prix avaient perdu environ 8 % sur des déclarations américaines d’ouverture. avéré

Précision nécessaire, et elle fait toute la différence entre une analyse et un article à effets : on ne peut pas affirmer que la communication iranienne a fait monter le pétrole de trois dollars par relation causale pure, les marchés intégrant simultanément des informations militaires, politiques et logistiques. Ce que les sources établissent est plus précis et suffit largement : les nouvelles concernant l’accès au détroit ont alimenté la hausse. avéré Il n’a fallu ni torpille ni porte-avions supplémentaire. Il a suffi qu’une possibilité politique entre dans le calcul du marché.

La thèse : faire calculer autrement

Cette scène minuscule contient la thèse de l’article. Dans une guerre informationnelle moderne, la performance d’une communication ne se mesure pas d’abord à sa crédibilité ni à sa cohérence : elle se mesure à sa capacité à modifier l’environnement de décision de celui qui l’entend. possible Quatre effets distincts coexistent, et les confondre interdit de comprendre les doctrines : convaincre, obtenir l’adhésion à son récit ; contraindre, pousser l’adversaire à modifier son comportement ; désorienter, augmenter le coût nécessaire pour établir ce qui est vrai ; et mobiliser, tenir sa population et ses alliés. La suite s’interdit donc la question paresseuse, qui dit vrai, au profit de la question opérante : quelle décision chaque parole cherche-t-elle à provoquer chez sa cible ? Et elle distingue à chaque étape l’intention, le dispositif, la diffusion, la réception et l’effet, cinq choses différentes que le commentaire ordinaire écrase en une seule.

Iran : une polyphonie à effet coercitif

Le 5 août, le ministère iranien des Affaires étrangères décrit les discussions avec Oman sur un corridor maritime comme professionnelles et en progrès, tout en soulignant qu’un accord ne suffirait pas à rendre le détroit sûr tant que dureraient les actions américaines jugées hostiles. Trois jours plus tard, les Gardiens de la Révolution affirment publiquement que la réouverture d’Ormuz dépend des conditions posées aux États-Unis, pas du processus omanais. avéré Ce ne sont pas les mêmes messages. Rien ne démontre qu’ils soient parfaitement orchestrés, et cet article ne l’affirmera pas ; mais qu’elle soit pilotée ou simplement exploitée, cette polyphonie produit un effet stratégique identifiable : la diplomatie conserve une porte de sortie, l’appareil militaire maintient le coût potentiel du refus, et l’adversaire doit déterminer seul laquelle des paroles reflète le seuil réel de Téhéran. possible

La véritable arme de cette architecture n’est pas le missile, c’est le prix de l’incertitude. En mars 2026, la presse spécialisée et les courtiers documentaient des primes de risque de guerre en hausse de plus de 1 000 % pour certains navires du Golfe, atteignant plusieurs % de la valeur du navire, jusqu’à environ 7,5 % selon certaines cotations, contre moins de 1 % avant le conflit, soit plusieurs millions de dollars par traversée pour un grand pétrolier ; hausse nourrie par des navires effectivement touchés et par la menace explicite contre les bâtiments tentant le passage. avéré La leçon dépasse le cas : une menace crédible n’a pas besoin d’être exécutée à chaque fois pour produire un coût, il lui suffit de modifier la probabilité que l’assureur, l’affréteur ou le trader attribue au risque. L’opération d’influence ne se termine pas sur un réseau social ; elle peut finir dans un contrat d’assurance, un taux de fret, un prix à la pompe, et de là dans la pression des opinions sur leurs gouvernements. possible

Russie : rendre la vérité coûteuse

Deuxième architecture, théorisée dès 2016 par la RAND Corporation sous le nom de lance à incendie du faux : volume élevé et multiplicité des canaux, rapidité et répétition continue, faible attachement à la réalité objective, faible attachement à la cohérence entre les récits. avéré La clé analytique est contre-intuitive : la contradiction n’y est pas une défaillance. Si cinq explications incompatibles surgissent dans les heures qui suivent un événement, l’objectif n’est pas nécessairement qu’une seule s’impose ; il peut suffire que le public conclue qu’on ne saura jamais vraiment. La RAND souligne que la rapidité donne l’avantage au premier récit disponible, la vérification sérieuse exigeant toujours plus de temps que l’invention d’une version. avéré En 2026, le rapport annuel du service diplomatique européen sur la manipulation de l’information continue d’identifier l’Ukraine comme cible centrale des opérations russes. avéré

D’où la distinction qui structure toute la comparaison, et qui manque à la plupart des commentaires : l’Iran travaille l’incertitude sur l’intention, vous ne savez pas jusqu’où nous irons ; la Russie travaille l’incertitude sur la réalité, vous ne savez plus ce qui s’est passé. Ce ne sont pas deux degrés d’une même manipulation, ce sont deux opérations cognitives différentes, qui appellent des défenses différentes. possible

Ukraine : réduire la distance entre l’événement et la parole

Face à la saturation, l’architecture ukrainienne a fait le choix inverse : l’incarnation et la latence courte. Communication présidentielle directe et physiquement située, les vidéos de Volodymyr Zelensky depuis Kyiv, dont des travaux universitaires et les analyses du Reuters Institute d’Oxford ont documenté la centralité, chaîne raccourcie entre l’événement, le témoin, l’autorité et la publication, et institutionnalisation du dispositif : un Centre de communication stratégique et de sécurité de l’information travaille avec la diplomatie ukrainienne contre la désinformation russe, et l’OTAN formait encore en 2026 des équipes de communication publique d’institutions de défense ukrainiennes. avéré

L’honnêteté analytique impose le contrepoint, et il conditionne la crédibilité de toute cette comparaison : l’Ukraine pratique elle aussi une communication stratégique de guerre, avec sélection des images, mise en scène du leadership, construction héroïque, mobilisation émotionnelle et ciblage différencié des opinions étrangères. La différence entre les architectures ne porte pas sur l’existence d’une stratégie narrative, que tous les acteurs ont, mais sur les méthodes, les contraintes institutionnelles, le rapport à la preuve et le degré de manipulation toléré. possible

États-Unis et OTAN : publier avant que l’adversaire ne parle

On prête volontiers à l’Occident un dogme de la parole unique. Le terrain de 2026 dément cette image : sur l’existence même de négociations avec Téhéran, les déclarations américaines et iraniennes se sont encore contredites publiquement début août. avéré La contribution occidentale distinctive est ailleurs : retirer à l’adversaire son récit avant qu’il ne l’utilise. Avant l’invasion de l’Ukraine en février 2022, Washington a déclassifié et publié des renseignements sur les préparatifs russes et d’éventuelles opérations sous faux drapeau ; le directeur de la CIA, William Burns, expliquera ensuite que cette transparence anticipée avait privé Moscou de certains prétextes narratifs. avéré L’OTAN inscrit aujourd’hui explicitement cette technique de préparation des publics, le pre-bunking, dans sa réponse aux menaces informationnelles. avéré C’est le miroir exact du modèle de saturation : là où l’un veut être la première version disponible, l’autre publie avant que cette première version ne puisse s’imposer.

Israël : l’autorité par la preuve, et son paradoxe

Cinquième architecture : la preuve opérationnelle à grande vitesse. Les canaux publics de l’armée israélienne produisent en continu vidéos aériennes, cartes, chronologies, images avant et après, et renseignements déclassifiés présentés comme pièces à l’appui des versions israéliennes des événements : ce sont des communications d’acteur, et c’est précisément leur intérêt analytique. probable Car cette architecture porte une vulnérabilité structurelle que les quatre autres n’ont pas au même degré : plus un État fonde son autorité narrative sur la démonstration factuelle, plus une preuve contestée, incomplète ou corrigée ultérieurement lui coûte cher. Le système de saturation peut absorber la contradiction, puisqu’il peut rechercher la confusion ; le système de preuve la supporte très mal. L’autorité par la preuve peut être l’une des architectures les plus convaincantes. Elle est aussi l’une des plus exposées : plus un acteur revendique la preuve, plus chaque preuve contestée, incomplète ou corrigée ultérieurement devient un passif informationnel. Toute organisation qui communique par la démonstration, États comme entreprises, vit sous ce même paradoxe. possible

La couche transversale : l’industrialisation par l’IA

Une sixième couche traverse désormais les cinq architectures : l’IA générative réduit le coût de la traduction, de la reformulation, de la déclinaison linguistique, de la production de commentaires et de personas. OpenAI a documenté plusieurs opérations d’influence liées à l’Iran utilisant ses modèles, dont une opération générant du contenu politique décliné par audiences ; l’éditeur relève toutefois que ces opérations ont généralement obtenu peu d’engagement réel. probable La nuance est essentielle et rejoint ce que la science de la visibilité IA établit par ailleurs : la capacité de production n’est pas la capacité d’influence. Produire mille versions d’un message est devenu trivial ; le faire recevoir, croire et agir ne l’est pas davantage qu’avant. possible

La grille de lecture comparative

Acteur Architecture dominante Incertitude travaillée Instrument principal Cible décisive
Iran Polyphonie à effet coercitif L’intention Menace, diplomatie, relais Décideurs et marchés
Russie Saturation contradictoire La réalité Volume, répétition, versions concurrentes Opinions et décideurs
Ukraine Incarnation à latence courte Réduction de l’incertitude Leadership incarné, réseaux, preuve Alliés et population
États-Unis, OTAN Publication anticipée (pre-bunking) L’anticipation Renseignement déclassifié Alliés et médias
Israël Preuve opérationnelle L’attribution Images, chronologies, renseignement Audiences internationale et interne

Ces six variables valent au-delà des États. Appliquées à une entreprise en crise, elles décrivent exactement les choix qui s’offrent à elle : parler vite ou parler prouvé, une voix ou plusieurs, un message ou des messages segmentés, et surtout, mesurer ou non ce que sa parole déplace réellement. possible

Le test du contrefactuel

Toute cette analyse porte une exigence qu’il faut nommer, sous peine de retomber dans le travers qu’elle dénonce : distinguer la guerre réelle de l’effet propre de la communication. Sur Ormuz, la prime d’assurance monte-t-elle parce que l’Iran communique, parce que des navires sont réellement touchés, ou parce que la parole modifie la perception d’un risque militaire déjà là ? La réponse n’est jamais univoque, et c’est précisément pourquoi une analyse sérieuse doit se soumettre à un contrôle avant d’attribuer un effet à un message.

Ces quatre questions rapprochent l’analyse de communication d’une logique de renseignement : elles interdisent de confondre la simultanéité avec la causalité, et l’intention avec l’effet. Appliquées au 6 août, elles donnent une réponse honnête : le mouvement du Brent est simultané et plausiblement consécutif à la nouvelle iranienne, une autre explication partielle existe, le contexte américain de la semaine, et l’effet est mesurable hors média, dans les prix. C’est assez pour parler d’un facteur, pas assez pour parler d’une cause unique. possible

Faire calculer autrement

La guerre informationnelle ne consiste plus seulement à faire croire quelque chose. Elle consiste à faire calculer autrement. Une menace iranienne modifie la prime exigée par un assureur. Une version russe oblige une rédaction à consacrer des heures à vérifier ce qui a demandé des minutes à diffuser. Une vidéo ukrainienne réduit la fenêtre pendant laquelle une rumeur de vacance du pouvoir peut devenir crédible. Un renseignement américain déclassifié cherche à rendre inutilisable un prétexte préparé. Le véritable objectif n’est donc pas toujours l’opinion : c’est parfois le processus de décision lui-même. Et c’est pour cela que la réponse aux guerres de la parole ne peut pas être uniquement du fact-checking, qui traite la croyance : elle doit aussi être de la mesure, qui traite l’effet. On ne défend pas un environnement de décision avec des démentis. On le défend en sachant, en continu, ce que les paroles y déplacent. possible

Marc Lugand-Sacy, président d’ELMARQ, cité par La Tribune Dimanche comme source d’analyse sur la guerre informationnelle et la propagande iranienne. Une analyse d’ELMARQ sur la riposte informationnelle française a également été citée comme source par la Fondation Jean-Jaurès. ELMARQ analyse les dispositifs d’influence et mesure ce que les paroles déplacent, dans les archives, les marchés de l’attention et les réponses des moteurs d’intelligence artificielle. À lire en regard : notre monographie du conflit d’Hormuz comme système de communication, la rubrique Guerre informationnelle et notre doctrine d’attribution.

§ Questions fréquentes

Ce qu'il faut comprendre

Qu'est-ce qu'une architecture de parole en guerre informationnelle ?

L'organisation d'ensemble par laquelle un État produit, distribue et assume sa communication de conflit : nombre d'émetteurs autorisés, vitesse de réaction, niveau de preuve exigé, tolérance à la contradiction, segmentation des audiences. Deux États peuvent dire des choses proches avec des architectures opposées, et c'est l'architecture, plus que le message, qui détermine l'effet recherché.

Quelle différence entre la guerre informationnelle iranienne et la guerre informationnelle russe ?

L'Iran travaille l'incertitude sur l'intention : plusieurs voix officielles maintiennent le doute sur le seuil réel de Téhéran, ce qui pèse sur les assureurs, les marchés et les décideurs. La Russie travaille l'incertitude sur la réalité : la multiplication rapide de versions contradictoires, décrite par la RAND dès 2016, vise à rendre l'établissement des faits plus coûteux que leur brouillage.

Une déclaration politique peut-elle vraiment faire bouger le prix du pétrole ?

Le 6 août 2026, l'examen en commission parlementaire iranienne d'un projet de loi restreignant l'accès au détroit d'Ormuz, rapporté par l'agence Fars, a été identifié par la presse économique parmi les nouvelles ayant alimenté une hausse du Brent de 3,83 %, à 82,49 dollars. La causalité pure est impossible à isoler, les marchés intégrant de multiples signaux, mais l'attribution documentée suffit à établir le mécanisme : une possibilité politique entre dans le calcul des prix.

Qu'est-ce que le pre-bunking pratiqué par les États-Unis et l'OTAN ?

La publication anticipée d'informations, y compris de renseignements déclassifiés, pour préparer les publics avant qu'une manipulation attendue ne se déploie. Avant l'invasion de l'Ukraine en 2022, Washington a rendu publics des éléments sur les préparatifs russes ; le directeur de la CIA a ensuite expliqué que cette transparence avait privé Moscou de certains prétextes. L'OTAN inscrit aujourd'hui cette approche dans sa réponse aux menaces informationnelles.

L'IA a-t-elle rendu les opérations d'influence plus efficaces ?

Elle a surtout rendu leur production moins chère : traduction, déclinaison, personas, commentaires. Mais les opérations documentées par OpenAI, dont une opération iranienne générant du contenu politique par audiences, ont généralement obtenu peu d'engagement réel selon l'éditeur. La capacité de production n'est pas la capacité d'influence : faire recevoir et croire un message reste aussi difficile qu'avant.

Que peut retenir une entreprise de ces architectures d'État ?

Six variables transposables : la latence de sa prise de parole, la dispersion de ses émetteurs, sa tolérance à la contradiction, la charge de preuve qu'elle attache à ses affirmations, la segmentation de ses messages et la mesure des effets réels de sa parole. Une organisation qui communique par la preuve doit aussi savoir qu'elle supporte l'erreur plus mal que les autres : c'est le paradoxe de l'autorité démonstrative.

§ Sources

Références citées

Références primaires de cette analyse. Les sources disposant d'une adresse publique sont liées directement, pour que chaque affirmation puisse être remontée à son émetteur.

  1. 01
    CNBC et agences de marché (Reuters), 6 août 2026 : Brent clôturé à +3,04 dollars soit +3,83 % à 82,49 dollars, WTI +2,75 % à 77,29 dollars, hausse attribuée aux nouvelles iraniennes sur l'accès au détroit d'Ormuz (projet de loi en commission rapporté par Fars, amende jusqu'à 20 % de la valeur de la cargaison), après une semaine en baisse d'environ 8 % sur des déclarations américaines d'ouverture
  2. 02
    Presse spécialisée et courtiers maritimes (The National, analyse Reuters), mars 2026 : primes de risque de guerre en hausse de plus de 1 000 % pour certains navires du Golfe, atteignant plusieurs % de la valeur du navire, jusqu'à environ 7,5 % selon certaines cotations, contre moins de 1 % avant le conflit
  3. 03
    RAND Corporation, The Russian Firehose of Falsehood Propaganda Model (Christopher Paul et Miriam Matthews, 2016) : volume et multiplicité des canaux, rapidité et répétition, faible attachement à la réalité et à la cohérence
  4. 04
    Service européen pour l'action extérieure (EEAS), rapport annuel sur la manipulation de l'information et l'ingérence étrangères : l'Ukraine identifiée comme cible centrale des opérations russes
  5. 05
    Déclassifications américaines avant l'invasion de l'Ukraine de février 2022, revendiquées ensuite comme pre-bunking par le directeur de la CIA William Burns ; approche du pre-bunking inscrite par l'OTAN dans sa réponse aux menaces informationnelles
  6. 06
    OpenAI, rapports sur la perturbation d'opérations d'influence liées à l'Iran utilisant ses modèles, avec un engagement réel généralement faible (déclaration d'éditeur) ; déclarations d'acteurs du 5 août (ministère iranien des Affaires étrangères) et du 8 août 2026 (Gardiens de la Révolution) recoupées dans notre monographie d'Hormuz
§ À lire ensuite
§ Citer cet article
Référence académique

Lugand-Sacy, Marc (2026). Iran, Russie, Ukraine : la guerre des architectures de parole. Journal ELMARQ. https://elmarq.fr/journal/guerre-architectures-parole-iran-russie-ukraine

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Crise informationnelle

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