Le 7 mai 2026, le Parquet européen confirme avoir ouvert, après une phase de vérifications, une enquête pour suspicion de fraude aux fonds de l'Union européenne. L'enquête porte sur des prestations de média training qui auraient bénéficié notamment à Jordan Bardella, financées par des fonds du Parlement européen alloués aux assistants parlementaires des eurodéputés du RN et qui auraient été réorientées, à partir de septembre 2021, vers la préparation de la campagne présidentielle de 2022. L'enquête fait suite à un article du Canard enchaîné et à une plainte de l'association AC!! Anti-Corruption transmise par le Parquet national financier. À ce stade, il s'agit d'une enquête ouverte, aucune mise en cause n'est jugée et la présomption d'innocence s'applique. Jordan Bardella conteste, affirme n'avoir rien à se reprocher et indique avoir déposé plainte pour dénonciation calomnieuse contre l'association à l'origine du signalement. Le RN parle de prestations réalisées dans les règles du Parlement européen.
« Nous n'avons strictement rien à nous reprocher. »
La réponse n'est pas défensive au sens classique : elle retourne l'accusation. En déposant une plainte pour dénonciation calomnieuse et en qualifiant l'association plaignante d'organisation politique, Bardella déplace le terrain du fond judiciaire vers les intentions de l'accusateur. C'est un cadrage de victimisation, cohérent avec la doctrine RN de normalisation : pas de débat sur la pièce comptable, mais une contre-attaque brève qui pose la légitimité de l'enquête comme la vraie question. Le porte-parolat est partagé avec Marine Le Pen, ce qui maintient le candidat de fait à distance du dossier sans le commenter longuement.