Au soir du premier tour des municipales 2026, le 15 mars, Édouard Philippe arrive en tête au Havre avec environ 43 pour cent des voix, devant la liste d'union de la gauche conduite par le communiste Jean-Paul Lecoq (environ 33 pour cent) et le Rassemblement national (environ 15 pour cent). Maire sortant depuis 2010 et candidat déclaré à la présidentielle, il aborde un second tour en triangulaire et appelle au plus large rassemblement possible contre la gauche et le RN. La réélection au Havre est posée comme condition de sa candidature nationale.
« Les élections ne sont pas les sondages. En démocratie, ce sont les électeurs qui décident. »
Le premier tour havrais est un test grandeur nature de la doctrine d'ancrage territorial : Philippe fait du fief local la preuve avancée de sa solidité nationale, le bilan municipal tenant lieu de bilan de gestion. L'appel au plus large rassemblement possible préfigure, à l'échelle d'une ville, le récit de recomposition qu'il portera en présidentielle. La formule sur les sondages contre les électeurs est une dédramatisation prudente d'une avance qui n'emporte pas la majorité absolue au premier tour.