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Déserts médicaux : 6,7 millions de Français sans médecin traitant. La communication peut-elle changer ça ?
Le Journal ELMARQ ↗Analyse · N°3839
Stratégie & Santé

Déserts médicaux : 6,7 millions de Français sans médecin traitant. La communication peut-elle changer ça ?

87 % du territoire français classé en désert médical. 45 468 généralistes libéraux, en baisse de 19 % depuis 2010. Et pourtant, des maisons de santé pluriprofessionnelles que des patients ne savent pas toujours trouver. Le problème n’est pas seulement démographique, c’est aussi un problème de visibilité. Analyse et plan d’action.

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Déserts médicaux : 6,7 millions de Français sans médecin traitant. La communication peut-elle changer ça ?
© ELMARQ · Illustration éditoriale
En brefLa synthèse de cette analyse

En 2025, 6,7 millions de Français n'ont pas de médecin traitant et 87 % du territoire est classé en désert médical, malgré 241 255 médecins en activité. Le paradoxe : les généralistes libéraux ont chuté de 19,1 % depuis 2010. Face à cette crise, ELMARQ identifie un angle mort dans les politiques publiques : la communication. Le concept Le Cabinet Visible propose une stratégie en 3 piliers pour rendre les MSP et cabinets médicaux trouvables par les patients et attractifs pour les praticiens, alors que la moitié des médecins s'installent à moins de 85 km de leur lieu de naissance.

À retenir

4 points clés
  1. Au 1er janvier 2025, la France comptait 241 255 médecins en activité, soit 11,9 % de plus qu’en 2010, selon l’Atlas de la démographie médicale publié par le Conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM) en mars 2025.

  2. Car dans le même temps, le nombre de médecins généralistes libéraux en activité régulière a chuté de 19,1 % depuis 2010, pour atteindre 45 468 praticiens, un plancher historique.

  3. La crise des déserts médicaux n’est pas une pénurie de médecins, c’est une fuite structurelle de la médecine générale libérale.

  4. Le résultat arrive aujourd’hui : les départs à la retraite sont structurellement plus nombreux que les nouvelles installations dans les territoires sous-dotés.

Autopsie d’une crise : pourquoi la France manque de médecins là où elle en a besoin

Le paradoxe de l’Atlas 2025

Au 1er janvier 2025, la France comptait 241 255 médecins en activité, soit 11,9 % de plus qu’en 2010, selon l’Atlas de la démographie médicale publié par le Conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM) en mars 2025. Le chiffre paraît rassurant. Il masque une réalité inverse.

Car dans le même temps, le nombre de médecins généralistes libéraux en activité régulière a chuté de 19,1 % depuis 2010, pour atteindre 45 468 praticiens, un plancher historique. Leur part dans la profession est tombée à 40,7 % des actifs réguliers, contre 47,1 % en 2010. La médecine de ville disparaît pendant que la médecine totale augmente. La crise des déserts médicaux n’est pas une pénurie de médecins, c’est une fuite structurelle de la médecine générale libérale.

« Notre santé ne peut pas dépendre de notre code postal. », Guillaume Garot, député de la Mayenne, rapporteur de la proposition de loi sur la régulation des installations médicales, 2025

L’effet de ciseaux démographique

Les causes sont structurelles et se cumulent depuis trente ans. Au début des années 1970, le numerus clausus ouvrait près de 8 600 places en deuxième année de médecine. Au début des années 1990, il était tombé à 3 500. Le résultat arrive aujourd’hui : les départs à la retraite sont structurellement plus nombreux que les nouvelles installations dans les territoires sous-dotés. L’assouplissement du numerus clausus, devenu numerus apertus en 2020, produira ses effets, mais pas avant 2030 au mieux.

À cette pénurie quantitative s’ajoute une désaffection qualitative : les jeunes médecins ne veulent plus exercer seuls en libéral. L’activité salariée représente désormais 46,5 % des médecins en activité en 2025, contre 42,2 % en 2015. Le basculement vers le salariat ne résout pas, à lui seul, la pénurie de médecins traitants en ville.

Indicateur Chiffre 2025 Évolution depuis 2010 Source
Médecins en activité totale 241 255 +11,9 % CNOM Atlas 2025
Généralistes libéraux actifs réguliers 45 468 −19,1 % CNOM Atlas 2025
Français sans médecin traitant 6,7 millions En hausse constante Assurance Maladie / DREES
Part du territoire en désert médical 87 % 62 % en Île-de-France Gouvernement / info.gouv.fr
Médecins refusant de nouveaux patients 65 % +12 points vs 2019 DREES, panel 2022
Part du salariat chez les actifs 46,5 % +4 points vs 2015 CNOM Atlas 2025
Démographie médicale en France, chiffres clés 2025 (sources : CNOM, Assurance Maladie, DREES, Gouvernement)

Le Pacte contre les déserts médicaux : un plan ambitieux, une mise en œuvre incertaine

Le 25 avril 2025, François Bayrou s’est rendu dans le Cantal pour annoncer le Pacte de lutte contre les déserts médicaux. Le plan prévoit notamment : 151 territoires prioritaires (« zones rouges ») identifiés par les ARS, des médecins volontaires assurant jusqu’à 2 jours de consultations par mois dans ces zones (indemnisés 200 € par jour), la mise en place de la quatrième année d’internat de médecine générale dès novembre 2026, et 3 700 « docteurs juniors » déployés sur le territoire. L’objectif affiché : 50 millions de consultations supplémentaires par an dans les zones sous-dotées.

Le plan est sérieux. Mais il souffre d’un angle mort peu nommé : à quoi sert d’installer une maison de santé si les patients ne savent pas qu’elle existe ? La France compte aujourd’hui plus de 2 500 maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP) en fonctionnement, avec un objectif gouvernemental de 4 000 d’ici 2027. Notre hypothèse : une partie d’entre elles reste mal connue de son bassin de population, au-delà de sa patientèle déjà installée.

La MSP : la solution qui ne se connaît pas elle-même

Un modèle qui fait ses preuves, et reste invisible

Les chiffres plaident pour la maison de santé pluriprofessionnelle. Un médecin qui exerce en MSP prend en charge 600 patients de plus par an qu’un praticien en exercice isolé, selon le Ministère de la Santé. La mutualisation du secrétariat, des équipements et de la charge administrative libère du temps médical. La pluridisciplinarité, généralistes, infirmiers, kinés, sages-femmes sous un même toit ou en réseau, permet une prise en charge globale que le cabinet isolé ne peut pas offrir.

Pourtant, une MSP qui ouvre ne se fait pas connaître d’elle-même : l’information « nous acceptons de nouveaux patients » peut figurer sur un site que personne ne consulte.

Le paradoxe est plausible : les structures qui ont résolu le problème de l’accès aux soins n’ont pas toujours résolu le problème de la visibilité. Et l’invisibilité d’une MSP a un coût : une patientèle moindre pèse sur une partie de la rémunération conventionnelle versée par l’Assurance Maladie, fragilise l’équilibre économique de la structure, et décourage les médecins qui pourraient s’y installer.

Le maire dans tous ses états : entre ingéniosité et impuissance

Prenons un cas type, composite : une communauté de communes rurale dont la commune-centre a perdu son dernier médecin généraliste libéral, parti à la retraite sans repreneur. L’expression « désert médical » y devient concrète. Un panneau « Médecin recherché » à l’entrée du village. Une prime d’installation de 15 000 €. Un logement de fonction proposé. Aucun candidat.

La Gazette des Communes a documenté ce phénomène national : certains maires rivalisent d’imagination pour attirer des blouses blanches, clips vidéos, appels à druides, primes exceptionnelles. Ce qui manque dans ces démarches n’est pas l’envie. C’est la méthode. Attirer un médecin, c’est une opération de communication et de marketing territorial, pas seulement une question financière. Et rares sont les élus formés à cet exercice.

Le piège de l’invisibilité : ce que les médecins libéraux et les MSP ne font pas

Un secteur sans culture de la communication

La médecine libérale française a une culture de l’ordonnance, pas de la communication. Le médecin soigne, prescrit, oriente, mais il ne se raconte pas, ne se rend pas visible, ne construit pas de relation avec son territoire au-delà du comptoir de consultation. Cette posture a une explication historique : l’Ordre des médecins a longtemps encadré très strictement toute forme de « publicité » médicale. Cette époque est révolue, mais les réflexes sont restés.

Résultat : nombre de médecins généralistes libéraux n’ont guère de présence numérique active en dehors d’une entrée Doctolib ou d’une fiche d’annuaire non revendiquée. Leur fiche Google My Business est souvent inexistante, leurs horaires jamais mis à jour, leurs services (téléconsultation, médecine préventive, vaccination, bilan de prévention) invisibles. Un patient qui cherche un médecin traitant en 2026 cherche souvent d’abord sur Google, et peut ne pas trouver ce médecin, alors qu’il est à 800 mètres de chez lui.

Ce que le patient fait en 2026 Ce que le médecin libéral moyen propose L’écart
Cherche « médecin traitant [ville] » sur Google Fiche GMB inexistante ou non revendiquée Invisibilité totale sur la recherche locale
Vérifie si le médecin accepte de nouveaux patients Information absente ou sur Doctolib uniquement Perte du patient qui part chercher ailleurs
Cherche les services proposés (téléconsult, vaccins, bilan…) Aucun site, aucune page, aucun listing de services Le patient ne sait pas ce que propose le cabinet
Lit les avis Google avant de choisir Aucune gestion des avis, souvent 0 avis ou avis non répondus Déficit de confiance perçue
Cherche une MSP de proximité acceptant des patients Site MSP souvent inexistant ou non référencé La MSP reste invisible malgré ses capacités d’accueil
S’informe sur les horaires d’ouverture et la permanence Horaires non mis à jour, permanence non communiquée Patient perdu au profit des urgences ou du médecin de garde
L’écart de visibilité entre le comportement du patient 2026 et la présence numérique du cabinet médical moyen

Les trois erreurs fatales

Erreur 1 : Croire que Doctolib remplace une stratégie de visibilité. Doctolib est un outil de prise de rendez-vous, pas un outil de communication. Il suppose que le patient vous a déjà trouvé. Si votre présence numérique s’arrête à Doctolib, vous êtes visible pour les patients qui vous cherchent déjà, invisibles pour tous les autres.

Erreur 2 : Penser que la réputation locale suffit. Le « bouche-à-oreille » fonctionne pour les patients installés depuis 20 ans. Il ne fonctionne pas pour les nouveaux arrivants, les étudiants, les familles qui viennent de s’installer, les personnes isolées. Ce sont précisément les profils les plus vulnérables face au désert médical, et les plus absents du réseau de bouche-à-oreille local.

Erreur 3 : Communiquer uniquement sur la prise de rendez-vous. La communication médicale n’est pas que transactionnelle. Les MSP qui réussissent à remplir leur patientèle ne disent pas seulement « nous acceptons des patients », elles construisent une identité, un ancrage territorial, une relation de confiance avec leur bassin de population. C’est ce que la santé publique rattache à la littératie en santé (health literacy), ici à l’échelle locale : faire en sorte que les habitants sachent ce que leur structure de santé peut faire pour eux.

Ce que les communes font, et pourquoi ça ne suffit pas

L’immobilier médical se porte bien. La médecine manque de locataires

La France compte plus de 2 500 maisons de santé pluriprofessionnelles en fonctionnement, avec un objectif gouvernemental de 4 000 d’ici 2027. Beaucoup de ces structures ont été construites ou rénovées grâce à des financements publics importants : FMIS (Fonds pour la Modernisation et l’Investissement en Santé), subventions ARS, investissements des collectivités territoriales. En Hauts-de-France, les 293 MSP actives au 1er décembre 2025 mobilisent 5 024 professionnels de santé, selon les données de l’ARS régionale.

Le problème : construire une MSP ne suffit pas à attirer des médecins, ni à attirer des patients. Les ARS elles-mêmes le reconnaissent dans leurs critères de financement 2025 : l’appel à projets FMIS en Nouvelle-Aquitaine exige désormais que les porteurs de projets démontrent « la qualité du projet de santé mis en œuvre » et l’ »intégration de la MSP dans l’écosystème local », ce qui suppose, entre autres, que la structure soit connue de son territoire.

L’attractivité médicale : une question de communication autant que de primes

Les collectivités investissent massivement dans les primes d’installation (de 5 000 € à 50 000 € selon les territoires), les logements de fonction, les mises à disposition de locaux. Ces leviers ont leur utilité. Mais ils ignorent une dimension essentielle : un jeune médecin choisit son territoire d’installation comme on choisit un lieu de vie, pas comme on choisit un poste de travail. Il évalue l’école pour ses enfants, les commerces, la qualité de vie, la dynamique locale, des éléments qui relèvent tous de la marque territoire.

Or, 50 % des médecins généralistes formés s’installent à moins de 85 km de leur lieu de naissance, selon une donnée citée dans le Pacte déserts médicaux d’avril 2025. Ce chiffre indique que l’attractivité territoriale commence à l’université, au moment où un interne découvre un territoire lors d’un stage. Les collectivités qui communiquent sur leur territoire auprès des facultés de médecine et des internes ont un avantage structurel sur celles qui attendent qu’un médecin frappe à leur porte.

Le Cabinet Visible : un cadre d’action en trois piliers

Définition

Le Cabinet Visible désigne une stratégie de communication qui transforme le cabinet médical ou la maison de santé d’un point de dispensation de soins passif en acteur de santé reconnu, identifiable et ancré dans son territoire. Il repose sur le constat que l’excellence du soin ne suffit plus dans un contexte de concurrence pour les patients et pour les praticiens, la valeur doit être perçue, communiquée, et intégrée dans l’écosystème local.

Ce concept est transposable à toutes les structures de médecine ambulatoire : cabinet de médecine générale, maison de santé pluriprofessionnelle (MSP), centre de santé, communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS).

Pilier 01, Visibilité patient : rendre le cabinet trouvable, lisible et rassurant pour les patients qui cherchent un médecin traitant ou un spécialiste. Google My Business optimisé (photos, horaires, services, avis), présence sur les plateformes de prise de rendez-vous en ligne avec informations complètes, site web minimaliste mais à jour, communication sur les créneaux disponibles et les spécialités. Indicateurs : nouveaux patients par mois, taux de remplissage de la patientèle, taux de patients en liste d’attente convertis.

Pilier 02, Visibilité territoriale : faire du cabinet ou de la MSP un acteur reconnu de l’écosystème de santé local. Partenariats avec les autres professionnels de santé (pharmaciens, infirmiers libéraux, kinésithérapeutes), communication avec les EHPAD et établissements scolaires, participation aux actions de prévention santé, relation avec la mairie et les élus. Indicateurs : partenariats actifs, événements prévention organisés, recommandations entrantes de professionnels voisins.

Pilier 03, Visibilité d’attractivité : rendre la structure attractive pour les futurs praticiens. Communication vers les facultés de médecine (accueil de stagiaires et d’internes), présence sur les plateformes de mise en relation médecin-structure, valorisation du projet de santé et des conditions d’exercice, témoignages des praticiens en place. Indicateurs : candidatures spontanées de praticiens, internes accueillis, taux de renouvellement de l’équipe.

Pilier Objectif Outils clés Acteur principal
Visibilité patient Être trouvé par les patients qui cherchent un médecin traitant GMB, Doctolib complet, site web, avis Cabinet / MSP
Visibilité territoriale Être reconnu comme acteur incontournable du bassin de vie Partenariats santé, prévention, relation mairie Cabinet + Collectivité
Visibilité d’attractivité Attirer des praticiens et des internes Présence facultés, témoignages, accueil de stage Cabinet + ARS + Collectivité
Les trois piliers du Cabinet Visible, acteurs et outils clés par dimension

Ce que la collectivité peut faire, et ne fait pas

L’angle mort du Pacte déserts médicaux

Le Pacte de lutte contre les déserts médicaux d’avril 2025 est centré sur deux leviers : la formation (plus de médecins formés, mieux orientés vers les zones sous-denses) et l’incitation financière (primes, indemnités de déplacement). Ce sont des leviers nécessaires. Ils laissent un angle mort : la communication.

Or, la collectivité locale dispose de leviers de communication que ni l’ARS ni le gouvernement ne peuvent actionner à sa place :

  • Elle connaît son territoire mieux que quiconque, ses forces (cadre de vie, réseau scolaire, dynamisme économique), ses atouts pour convaincre un jeune médecin de s’installer
  • Elle dispose de canaux de communication directs vers sa population, magazine municipal, réseaux sociaux, affichage, événements
  • Elle est souvent le financeur du bâtiment de la MSP, et pourtant ne communique pas sur les services que cette structure propose
  • Elle a une capacité de mobilisation des médias locaux qu’un cabinet médical isolé n’a pas

Dans notre cas type, la bascule consisterait à cesser de parler d’argent pour parler de vie : une vidéo courte sur le territoire, ses écoles, sa vie associative, sa distance à la mer, adressée aux facultés de médecine de la région.

Les leviers mobilisables : 6 outils

Levier Mécanisme Effet attendu Applicable par
Google My Business optimisé Fiche complète (services, horaires, photos, FAQ) + gestion des avis Meilleure présence sur la recherche locale « médecin [ville] » (effet non mesuré ici) Cabinet, MSP
Site web MSP structuré Page « acceptons de nouveaux patients », liste des praticiens, services, horaires, coordonnées Réduction des appels entrants inutiles, conversion des patients chercheurs MSP, centre de santé
Communication vers les facultés Présentation territoire + projet de santé aux internes en 3e et 4e année 50 % des médecins s’installent à <85 km de leur lieu de naissance, les stages sont décisifs MSP + Collectivité
Accueil de stagiaires Devenir maître de stage universitaire (MSU), exigence des ARS dans les nouveaux financements FMIS 2025 Le stage fait découvrir le territoire à l’interne, levier d’installation mis en avant par les pouvoirs publics MSP (généralistes MSU)
Vidéo de territoire Film court (3-5 min) montrant le cadre de vie, diffusé auprès des facultés et sur les réseaux Outil de conviction pour les médecins en recherche d’installation, différenciant Collectivité + MSP
Présence événementielle santé Journées prévention, dépistage, ateliers, visibilité auprès de la population ET des partenaires professionnels Renforcement de l’ancrage territorial, recommandations entrantes de professionnels, couverture presse locale MSP + Collectivité
6 leviers de communication médicale, mécanismes, effets attendus et acteurs

Plan d’action 12 mois, du cabinet invisible au Cabinet Visible

Phase Mois Actions clés Livrable
Diagnostic 1 à 2 Audit visibilité numérique (GMB, Doctolib, site), cartographie des acteurs santé du territoire, analyse de la patientèle existante Rapport visibilité, mapping concurrence et partenaires potentiels
Fondations 3 à 5 Création/optimisation GMB, refonte ou création site MSP, production de contenus (présentation de l’équipe, services, horaires), mise en place du suivi des avis Fiche GMB complète, site web opérationnel, page « nouveaux patients »
Activation territoriale 6 à 9 3 partenariats actifs (pharmacie, infirmiers, EHPAD), 1 événement prévention, contact avec facultés (présentation projet de santé + offre de stage), vidéo de territoire Partenariats formalisés, retombées presse locale, candidatures praticiens
Consolidation 10 à 12 Mesure KPIs (patientèle, nouveaux patients, avis, candidatures praticiens), programme d’accueil d’internes formalisé, bilan avec la collectivité et l’ARS Dashboard : taux de remplissage, avis, candidatures. Plan année 2.
Plan d’action 12 mois, du cabinet invisible au Cabinet Visible

✦ Diagnostic express, votre cabinet ou MSP est-il visible ?
□ Votre fiche Google My Business est revendiquée, complète et mise à jour
□ Un patient peut savoir en moins de 60 secondes si vous acceptez de nouveaux patients
□ Vos services (téléconsultation, bilans, vaccinations, spécialités) sont listés en ligne
□ Vous avez des partenariats actifs avec au moins 3 autres professionnels de santé du territoire
□ Vous avez accueilli au moins un interne ou stagiaire en médecine au cours des 24 derniers mois
0 à 1 réponse : Invisible · 2 à 3 : Émergent · 4 à 5 : Visible

Ce que la communication peut, et ne peut pas, faire

La crise des déserts médicaux est d’abord démographique et politique. Elle ne se résoudra pas sans une réforme de la formation médicale, dont les effets n’arriveront pas avant 2030 au plus tôt. Elle ne se résoudra pas sans une meilleure répartition des installations sur le territoire, un débat politique qui se joue au Parlement, pas dans un cabinet de communication.

Mais il y a une part du problème que les outils financiers et législatifs ne résoudront pas : l’invisibilité des structures qui existent déjà. Les 2 500 MSP en fonctionnement pourraient prendre en charge davantage de patients si elles étaient trouvables. Les territoires qui cherchent à attirer des médecins pourraient y parvenir si leur communication s’adressait aux bons interlocuteurs avec les bons messages.

La Pharmacie Visible part de l’idée qu’une profession en crise peut trouver dans la communication un levier réel, non pas pour résoudre la crise structurelle, mais pour en atténuer les effets là où ils sont le plus directement adressables. Le Cabinet Visible repose sur la même conviction., Marc Lugand-Sacy, ELMARQ

Les cabinets et les MSP qui traverseront la décennie de transition 2025-2035, celle qui doit mener, si les projections du CNOM se confirment, vers une stabilisation puis une remontée de l’offre médicale libérale, seront ceux qui auront compris qu’être un bon médecin ne suffit plus. Qu’une MSP bien équipée et bien gérée reste invisible si personne ne sait qu’elle existe. Et que la collectivité qui fera la différence pour attirer de la médecine ne sera pas nécessairement celle qui paie le plus, mais celle qui communique le mieux.

Votre cabinet ou votre MSP est-il visible dans son territoire ? ELMARQ propose un audit de communication médicale, Le Cabinet Visible, pour les structures de santé ambulatoire et les collectivités qui souhaitent attirer de la médecine sur leur territoire. Diagnostic complet, plan d’action 12 mois, production des supports. Parlons-en →

Déserts médicaux & démographie médicale en France (2025-2026)

Sources & références

Correction du 25 septembre 2026. Deux témoignages non documentés (une médecin de MSP et un directeur de communauté de communes, avec un résultat chiffré de recrutement) ont été retirés ou requalifiés en cas type ; une citation attribuée au Dr Luc Duquesnel, non sourcée, a été retirée ; des chiffres sans source (65 % de médecins sans présence numérique, +40 à 70 % de visibilité, installation 3 fois plus fréquente après un stage, patientèles moyennes) ont été retirés ; la chronologie du numerus clausus et l’attribution de l’enquête sur les refus de patients (DREES) ont été corrigées.

§ Questions fréquentes

Ce qu'il faut comprendre

FAQ : Déserts médicaux & Le Cabinet Visible

Combien de Français n’ont pas de médecin traitant en 2025 ?

Selon les données de l’Assurance Maladie et de la DREES, 6,7 millions de Français n’avaient pas de médecin traitant déclaré en 2025, un chiffre en hausse constante. En parallèle, 87 % du territoire est classé en désert médical par le gouvernement, avec 151 zones prioritaires identifiées.

Pourquoi les aides financières ne suffisent-elles pas à attirer des médecins ?

Selon le Pacte de lutte contre les déserts médicaux (Gouvernement, avril 2025), 50 % des médecins généralistes formés s’installent à moins de 85 km de leur lieu de naissance. Les jeunes praticiens choisissent leur territoire comme un lieu de vie, cadre, famille, école, qualité de vie, autant que comme un poste de travail. La communication du territoire auprès des facultés de médecine et l’accueil de stagiaires pendant la formation pèsent autant que les primes d’installation.

Qu’est-ce qu’une maison de santé pluriprofessionnelle (MSP) ?

Une MSP regroupe des professionnels de santé libéraux, médecins généralistes, infirmiers, kinésithérapeutes, sages-femmes, autour d’un projet de santé commun. Créées par la loi de 2007, elles permettent une prise en charge coordonnée. Selon le Ministère de la Santé, un médecin en MSP prend en charge 600 patients de plus par an qu’un praticien isolé. Le gouvernement vise 4 000 MSP d’ici 2027 (2 500 en fonctionnement en 2025).

Qu’est-ce que Le Cabinet Visible ?

Le Cabinet Visible est un concept ELMARQ structuré en trois piliers : visibilité patient (être trouvable sur Google pour les patients sans médecin traitant), visibilité territoriale (être ancré dans l’écosystème santé local via les partenariats et la prévention) et visibilité d’attractivité (attirer de nouveaux praticiens via les facultés et l’accueil de stages). Il est applicable aux cabinets libéraux, aux MSP et aux centres de santé.

Que peut faire concrètement une commune pour attirer un médecin ?

Au-delà des primes, une commune peut produire une vidéo territoire courte (3-5 min) diffusée auprès des facultés de médecine régionales, contacter les responsables de stage pour proposer des terrains de stage, communiquer sur le projet de santé de la MSP existante auprès des internes, et valoriser les professionnels déjà installés comme témoins de l’attractivité. Ce sont des leviers de marque territoire appliquée à la santé, largement sous-exploités par les collectivités françaises.

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L’analyse de

Marc Lugand-Sacy

Fondateur, Président et associé d’ELMARQ.

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Référence académique

Lugand-Sacy, Marc (2026). Déserts médicaux : 6,7 millions de Français sans médecin traitant. La communication peut-elle changer ça ?. Journal ELMARQ. https://elmarq.fr/journal/deserts-medicaux-medecin-traitant-communication-cabinet-visible-msp

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