Ce que les chiffres disent, et que presque personne n’a communiqué
La campagne antigrippale 2025-2026 s’est achevée le 28 février 2026 sur un bilan exceptionnel : 12,5 millions de doses dispensées, une hausse de 11 % par rapport à la saison précédente, près de 70 % des vaccinations réalisées en officine. 92 % des pharmacies ont vacciné contre la grippe. En moins de six ans depuis l’autorisation de vacciner en officine en 2019, l’officine est devenue le premier canal de vaccination antigrippale en France.
Combien de patients savent cela ? Combien de maires ? Combien de journalistes régionaux l’ont écrit ?
Presque aucun. Ces chiffres circulent dans la presse professionnelle pharmaceutique. Ils ne franchissent pas la porte des officines sous forme de communication locale, d’argument auprès des élus, de récit transmis aux patients. La profession a réalisé une transformation remarquable. Elle l’a fait en silence.
Et ce silence, aujourd’hui, lui coûte très cher. Parce que c’est précisément cette profession silencieuse que la Direction de la sécurité sociale est en train de tenter de rémunérer un peu moins, sans rencontrer aucune résistance publique.
Le dossier en trois minutes : ce que la DSS prépare
Depuis novembre 2025, la DSS planche sur un projet d’arrêté qui fixerait une marge forfaitaire identique sur l’ensemble des vaccins antigrippaux. Aujourd’hui, la marge est de 0,72 euro sur les vaccins normodosés (Vaxigrip Tetra, Influvac Tetra, Flucelvax Tetra) et de 1,40 euro sur les vaccins hautement dosés ou adjuvantés (Efluelda, Fluad), recommandés par la HAS pour toutes les personnes de 65 ans et plus. Un arrêté alignant ces deux marges représenterait une réduction de 48 % sur les vaccins seniors.
L’argument officiel : éviter que les pharmaciens n’orientent leurs patients vers les vaccins hautement dosés pour des raisons économiques. Cet argument suppose que le pharmacien prescrit contre les recommandations de la HAS pour gratter 68 centimes. C’est une insulte à la profession, comme l’a formulé Pierre-Olivier Variot, président de l’USPO. C’est aussi, selon Julien Chauvin de la FSPF, « la première fois que l’on ferait un accroc dans ce qu’est la marge dégressive lissée » : un précédent structurel qui pourrait s’étendre à tous les vaccins dispensables, y compris les futurs vaccins ARN messager.
Le manque à gagner réseau est estimé à une dizaine de millions d’euros. L’effet de bord est déjà visible : les volumes de précommandes pour 2026-2027 sont significativement inférieurs à ceux de la saison précédente. La DGS presse les pharmaciens de commander avant le 31 mars 2026 pour éviter une pénurie. La DSS, de son côté, prépare l’arrêté qui crée précisément l’hésitation qui génère cette pénurie. La main droite de l’État défait ce que la main gauche demande aux pharmaciens de construire.
A cela s’ajoute l’article 55 de la LFSS 2026 qui ouvre la possibilité d’un stockage des vaccins chez d’autres professionnels de santé potentiellement dès l’automne 2026, et les modalités de reprise des doses périmées non encore clarifiées. Trois incertitudes simultanées. Zéro réponse ministérielle écrite à ce jour.
| Organisation | Position sur la marge unique | Recommandation précommandes |
|---|---|---|
| FSPF (Besset) | Rejet total. « Ce n’est pas parce que l’État n’a pas bien négocié avec les labos qu’il doit s’en prendre aux pharmaciens. » | Commander sans attendre sur données historiques |
| USPO (Variot) | Rejet total. « C’est une insulte faite à notre profession. » Précédent structurel sur la marge dégressive. | Attendre les clarifications ministérielles écrites |
| UPGF | Rejet total. « Ce lissage dénote un mépris sans nom. » Appel à clarification gouvernementale urgente. | Maintenir les standards déjà commandés, refuser le démarchage sur les vaccins hautement dosés |
68 centimes : ce que ce différentiel dit de la valeur du travail pharmaceutique
Un vaccin hautement dosé comme Efluelda ou Fluad est recommandé pour une personne de 65 ans et plus, qui prend en moyenne entre 5 et 7 medicaments par jour, avec souvent des comorbidités actives. L’acte de vaccination sur ce profil implique une vérification des interactions médicamenteuses, un entretien d’anamnèse, une information ciblée sur les effets indésirables, un suivi post-injection. C’est de la pharmacie clinique. Ce n’est pas de la logistique.
Égaliser la marge avec celle d’un vaccin normodosé administré à un adulte sans antécédent, c’est dire que ce travail supplémentaire ne vaut pas 68 centimes de différence. C’est aussi, à l’échelle du réseau, effacer 10 millions d’euros de rémunération d’un trait réglementaire. Et c’est enfin ouvrir la porte à une logique de rémunération forfaitaire uniforme sur l’ensemble des nouvelles missions vaccinales, un « tout-honoraire » qui comprimerait durablement les revenus officinaux au moment où l’État élargit au maximum le périmètre d’intervention des pharmaciens.
Si le différentiel n’était pas justifié, pourquoi l’avoir fixé ainsi au départ ? Si la négociation a été mal menée avec les laboratoires, ce n’est pas aux pharmaciens ni aux patients de payer la correction.
Ce qui se passe quand un dossier stratégique reste confiné dans la presse professionnelle
Voici la réalité que les syndicats connaissent bien mais que peu de pharmaciens titulaires traduisent en action concrète : les arbitrages budgétaires qui pénalisent les pharmaciens ne rencontrent aucune résistance publique parce que le public ne les connaît pas.
Le dossier de l’égalisation des marges est débattu depuis novembre 2025. Il a fait l’objet de dizaines d’articles dans Le Moniteur des Pharmacies, Le Quotidien du Pharmacien, le Pharmacien de France. Ces médias sont lus par les 20 000 pharmaciens et par les acteurs institutionnels. Ils ne sont pas lus par les 70 millions de Français qui se font vacciner. Ils ne sont pas lus par les 35 000 maires qui ont une pharmacie sur leur territoire. Ils ne sont pas lus par les journalistes de France Bleu, de Ouest-France ou de La Manche Libre.
Résultat concret : quand la DSS publié l’arrêté, il n’y a aucun contre-récit dans l’espace public. Aucun patient informé qui interpellé son député. Aucun maire qui monte au créneau pour défendre la pharmacie de sa commune. Aucun article de presse régionale qui rend le sujet tangible pour le grand public.
Le pharmacien silencieux n’a pas d’allié. Pas parce que ses alliés potentiels sont indifférents. Mais parce qu’on ne leur a pas donné les informations pour se mobiliser.
C’est exactement ce que la Pharmacie Visible résout. Non pas en transformant le pharmacien en militant syndical. Mais en lui donnant les mots, les outils et les relais pour que son engagement soit connu des bonnes personnes, au bon moment, dans le bon langage.
Ce que la Pharmacie Visible fait de ce dossier : 4 actions concretes
Chez ELMARQ, nous accompagnons les pharmaciens titulaires à rendre visibles leurs missions et leurs enjeux auprès des bonnes audiences. Ce dossier est un cas d’école de ce que nous construisons avec nos clients.
Action 1 : traduire l’enjeu pour les patients, pas pour les professionnels. Un patient ne comprend pas ce qu’est une marge dégressive lissée. Il comprend : « Votre pharmacie vaccine 600 personnes âgées de ce quartier chaque année. Le gouvernement envisage de reduire de moitié la rémunération de cet acte sur les vaccins qui protègent le mieux les seniors. Si cette mesure passe, les pharmaciens auront moins d’intérêt à stocker ces vaccins en priorité. » Ce message, posté sur les réseaux sociaux de l’officine ou affiché en devanture avant le 31 mars, est compréhensible et mobilisateur. Nous le rédigeons avec nos clients en 45 minutes.
Action 2 : mettre le maire en situation d’allié. Un courrier simple au conseil municipal : « Notre officine a vacciné X habitants de votre commune lors de la dernière campagne. Le gouvernement envisage une mesure qui pourrait fragiliser cette activité. Nous sollicitons votre soutien pour interpeller vos représentants. » Trois paragraphes. Un élu qui dispose de ces informations peut écrire à son député, intervenir lors d’une question en préfecture, relayer sur ses réseaux. Ce geste coûte 20 minutes une fois le message cadré. Nous aidons à le cadrer.
Action 3 : donner le dossier à la presse locale avant que l’arrêté ne soit publié. Un communiqué d’une page, sans jargon, avec trois chiffres : 12,5 millions de doses en France, 70 % en officine, 48 % de réduction de marge envisagee sur les vaccins seniors. France Bleu Normandie, La Manche Libre, Ouest-France couvrent la santé locale. Ce contenu est exactement ce que leurs journalistes cherchent. La pharmacie qui le propose avant la publication de l’arrêté positionne le débat. Celle qui attend de réagir après subit le récit des autres.
Action 4 : activer les partenaires professionnels du territoire. Les médecins généralistes partenaires, les infirmiers libéraux, les kinésithérapeutes de la CPTS locale sont des relais naturels. Un message court dans le réseau professionnel : « Nous allons précommander nos vaccins antigrippaux dans un contexte d’incertitude économique créé par un projet d’arrêté DSS. Votre soutien pour interpeller les ARS ou les CPAM sur ce sujet est le bienvenu. » Ces professionnels vaccinent aussi. Leurs intérêts sont convergents. Un front commun est plus audible qu’une voix isolée.
Votre officine vaccine des centaines de patients chaque automne. Vos patients, vos élus et vos partenaires soignants ne le savent pas assez. Ce silence vous prive des alliés dont vous avez besoin quand les decisions se prennent contre vous. L’audit Pharmacie Visible ELMARQ commence par une question : combien de personnes dans votre bassin de vie savent vraiment ce que vous faites ? 45 minutes. Gratuit. Sans engagement. Prenez rendez-vous sur elmarq.fr.
Ce qu’ELMARQ fait pour les pharmacies dans ce type de contexte
Nous travaillons avec des pharmaciens titulaires qui ont compris que la communication locale n’est pas un accessoire. C’est une infrastructure de survie économique et institutionnelle.
Quand un dossier comme celui des marges vaccins se profile, nous aidons les officines à transformer l’enjeu professionnel en récit local compréhensible : qui vaccinez-vous, combien, avec quel soin, et pourquoi la décision qui se prépare menace cette activité. Ce récit, traduit en posts LinkedIn du titulaire, en communique presse regional, en courrier au maire, en message aux partenaires soignants, devient un contre-poids concret aux arbitrages technocratiques.
Nous construisons également la présence numérique locale qui permet à l’officine d’exister dans les recherches de ses patients avant qu’un problème se pose : fiche Google Business Profile active et argumentée, profil LinkedIn du titulaire, signalisation mise à jour, newsletter patients trimestrielle. Ces outils ne servent pas qu’à générer des contacts. Ils constituent l’ecosystème de confiance qui rend votre parole audible le jour ou vous en avez besoin.
Les pharmacies que nous accompagnons entrent dans les arbitrages budgétaires de leur territoire avec des alliés informés. Leurs élus savent ce qu’elles font. Leurs patients comprennent pourquoi certaines décisions les concernent directement. Leurs partenaires soignants savent pourquoi coordonner les orientations avec elles est dans l’intérêt de tous. Cette visibilité ne se construit pas en une semaine. Elle se construit en amont, pendant les périodes calmes, pour être disponible pendant les périodes de crise.
Verdict : le 31 mars approche. La communication, elle, peut commencer maintenant.
Le gouvernement n’a pas répondu par écrit aux trois incertitudes pesant sur les précommandes. FSPF, USPO et UPGF sont unanimes sur le fond : l’égalisation des marges est inacceptable. Chaque pharmacien calibrera ses commandes selon ses données historiques d’injection et son jugement propre. C’est la position la plus raisonnable dans ce contexte.
Mais la question des marges ne se résoudra pas par le silence professionnel. Elle se résoudra quand assez de parlementaires, de maires, de patients et de journalistes auront entendu parler de ce que représente réellement la vaccination antigrippale en officine. Et de ce que coûte en santé publique de demobiliser le réseau qui en assure 70 %.
Ce récit existe. Les chiffres sont là. Les arguments sont solides. Ils n’attendent que d’être transmis aux bonnes personnes, dans le bon langage, au bon moment.
C’est exactement le travail que nous faisons chez ELMARQ avec les pharmaciens qui ont décidé que leur engagement mérite d’être visible.
Vous êtes pharmacien titulaire et ce dossier vous concerne directement ? Discutons de votre situation lors d’un audit Pharmacie Visible gratuit de 45 minutes. Nous identifions ensemble ce que vos patients, vos élus et vos partenaires soignants savent de ce que vous faites, et ce que cela change pour vous quand les décisions importantes se prennent. Rendez-vous sur elmarq.fr ou écrivez-nous directement.
Vaccins antigrippaux, marges et communication officine : sources et références
Sources & références
- Le Moniteur des Pharmacies · « Précommandes de vaccins grippe : faut-il attendre les clarifications de l’État ? » (16 mars 2026)
- Le Quotidien du Pharmacien · « Vaccins grippe stockes chez les autres effecteurs : des cet automne ou plus tard ? » (16 mars 2026)
- Le Moniteur des Pharmacies · « Vaccins antigrippaux : comment l’État tente de rogner les marges des pharmaciens » (17 janvier 2026)
- Le Moniteur des Pharmacies · « Vaccins antigrippaux : le modèle économique pourrait être renverse » (decembre 2025)
- Le Moniteur des Pharmacies · « DGS : la précommande, c’est maintenant ! » · 12,5 millions de doses, +11 %
- Le Moniteur des Pharmacies · « Vaccins contre la grippe : marge unique ou pas » (6 février 2026)
- Le Quotidien du Pharmacien · « Égaliser les marges sur les vaccins antigrippaux » (decembre 2025)
- USPO · « Précommandes de vaccins grippe : les pharmaciens victimes de l’absence de réponse de l’État » (14 mars 2026)
- Le Pharmacien de France · « La FSPF et la DSS passent en revue les chantiers 2026 » (24 février 2026)
- LFSS 2026 · JO 31 decembre 2025 · article 55 (L.4211-4 CSP) · article 63 (OSyS)


