Le samedi 17 octobre 2026, Gabriel Attal dénonce des scènes de pillage « indignes », parle d'une « provocation envers l'autorité de l'État » et déclare que « Toutes les leçons de ces événements devront être tirées ». Le support n'est pas précisé par la pièce. Il ne désigne aucun auteur.
« Toutes les leçons de ces événements devront être tirées »
L'énoncé est remarquable par ce qu'il ne fait pas : il ne nomme personne, là où trois de ses concurrents nomment un auteur le même jour. Le choix est lisible et il a un coût immédiat, l'absence de formule reprenable, pour un bénéfice différé, l'absence de pièce à produire. Provocation envers l'autorité de l'État déplace l'objet du dommage vers l'institution plutôt que vers les commerces ou les personnes, ce qui permet de parler de l'ordre sans parler des manifestants. La dernière phrase est au futur et au passif, toutes les leçons devront être tirées, construction qui n'attribue ni la responsabilité d'en tirer les leçons, ni celle des faits. Le dispositif est celui d'un candidat qui ne veut ni s'aligner sur la fermeté maximale de sa droite, ni apparaître indulgent. Il tient tant que personne ne lui demande ce qu'il ferait.
Ne nommer personne vous évite d'avoir à produire une preuve et vous prive de la citation du jour. C'est un arbitrage défendable. Préparez alors la mesure que vous proposerez, car c'est elle qu'on vous demandera à la place du nom.