Nous savons désormais combien de Français utilisent l’intelligence artificielle. Selon l’APEC, en mars 2026, un cadre sur deux s’en sert chaque semaine, contre un sur trois un an plus tôt. Selon OpinionWay pour SEO.fr, ChatGPT capte à lui seul environ 54 % des utilisateurs d’outils d’IA dans le pays. Et selon l’analyse de Jean-Daniel Lévy sur une enquête Harris Interactive et Toluna pour RTL et M6, 16 % des électeurs déclarent avoir utilisé l’IA pour affiner leur choix de vote aux municipales de mars 2026, un usage qui se décompose en 7 % d’électeurs confortés dans un choix déjà arrêté, 5 % qui ont changé d’avis sous son influence, et 4 % qui s’en sont servis pour trancher alors qu’ils étaient indécis. Ce que nous ne savons pas, c’est ce que ces modèles répondent. Plus précisément, quelles voix ils font parler quand on les interroge sur la France.
Cette question n’est pas secondaire, elle est la question de souveraineté de la décennie. Quand un dirigeant, un cadre, un électeur interroge un assistant sur un sujet français, politique, économique ou de société, il reçoit une réponse construite à partir de sources que personne ne mesure. Si ces sources sont massivement non françaises, alors la France se laisse décrire dans une grille qui n’est pas la sienne, par des outils qu’elle n’édite pas. C’est pour rendre ce point mesurable que nous lançons l’Observatoire de la Part de Voix Souveraine.
Le signal frais, l’agenda se décide hors d’Europe
Le 4 juin 2026, l’Anthropic Institute publie un appel à une pause coordonnée du développement de l’intelligence artificielle de frontière, au motif que les systèmes approchent une capacité d’auto-amélioration qui échapperait au contrôle humain, précisant que plus de 80 % du code fusionné dans sa propre base était écrit par son modèle en mai 2026 (Al Jazeera, 5 juin 2026). Que l’on partage ou non l’analyse, un fait demeure, l’agenda mondial de l’IA, y compris la question de savoir s’il faut le ralentir, se décide dans quelques laboratoires hors d’Europe. La dépendance n’est donc pas seulement industrielle, elle est cognitive, elle porte sur la manière dont nos sujets sont décrits. La mesurer est la première condition pour en débattre.
Le concept, la Part de Voix Souveraine
La Part de Voix Souveraine est la proportion de sources françaises et européennes que les principaux modèles d’IA citent ou mobilisent lorsqu’on les interroge sur des sujets de société, de politique ou d’économie françaises. Elle se distingue radicalement de ce que mesurent les instituts. Eux mesurent l’usage, combien de personnes utilisent quel outil. La Part de Voix Souveraine mesure le contenu, quelles voix ces outils privilégient pour parler de nous. C’est la différence entre savoir combien de gens lisent une carte, et savoir qui a dessiné la carte.
Trois dimensions composent l’indicateur. La provenance des sources, françaises, européennes ou extra-européennes. Leur nature, médias, institutions publiques, organismes de recherche, think tanks, acteurs privés. Et les absences, ces voix légitimes systématiquement non citées, qui disent autant que les présences. Un sujet peut être traité avec des faits exacts et une grille entièrement étrangère, ce n’est pas l’erreur qui est en jeu, c’est le cadre.
La méthode, publique par construction
Un indicateur n’a d’autorité que si sa méthode est exposée et critiquable. L’Observatoire repose sur un corpus de questions standardisées portant sur des sujets français, posées à un panel des modèles les plus utilisés dans le pays, à intervalles réguliers. Pour chaque réponse, les sources mobilisées sont relevées, puis classées par provenance et par nature. L’indice agrège ces relevés en une part, exprimée en pourcentage, de voix souveraine par modèle et par thématique. La mesure est conduite par AI COMMAND, la plateforme propriétaire d’ELMARQ dédiée à l’analyse des sources citées par les modèles.
La rigueur impose d’énoncer ce que l’indice ne dit pas. Il ne mesure pas la qualité d’une réponse, ni sa véracité, ni l’intention d’un éditeur de modèle. Il ne préjuge pas qu’une source française vaut mieux qu’une source étrangère sur le fond. Il mesure une seule chose, défendable et reproductible, la part des voix nationales et européennes dans ce que les modèles donnent à entendre de la France. Les résultats seront publiés avec leur méthodologie complète, afin que chacun puisse les contester, les répliquer ou les prolonger. Un index que l’on ne peut pas auditer n’est pas un index, c’est une affirmation.
Pourquoi ELMARQ peut produire ce chiffre
Les instituts de sondage mesurent l’usage, c’est leur métier et ils le font bien. Personne, en revanche, ne mesure le contenu des réponses, quelles sources les modèles privilégient pour parler de la France. AI COMMAND fait exactement cette mesure, c’est son cœur de métier, le suivi de la présence des entités dans les réponses des grands modèles. ELMARQ passe ainsi du statut de commentateur à celui de producteur d’un indicateur, ce qui n’est pas la même position dans le débat. Une opinion se discute, une donnée documentée se cite. Comme nous l’avons posé en formalisant le cadre d’attribution qui gouverne nos analyses, la valeur d’un chiffre tient à la transparence de sa fabrication.
Pourquoi un observatoire, et pas une tribune de plus
Une tribune d’opinion fait parler une semaine. Un indicateur récurrent fait référence à chaque édition. En publiant la Part de Voix Souveraine à intervalle régulier, l’Observatoire crée un rendez-vous, un point de comparaison dans le temps, une mesure que parlementaires, chercheurs et journalistes pourront citer quand ils voudront parler de souveraineté informationnelle française, faute, aujourd’hui, de tout autre chiffre disponible. La dépendance aux modèles étrangers est largement exprimée comme une angoisse. Elle n’a jamais été quantifiée. C’est ce vide que l’Observatoire entend combler, méthode sur la table.
L’enjeu dépasse d’ailleurs la seule mesure de l’usage, et l’auteur de l’enquête sur le vote le dit lui-même. Pour Jean-Daniel Lévy, si l’IA est restée aux municipales un outil de confirmation plus qu’un moteur de décision, et si elle demeure de loin la dernière source d’information des électeurs, très loin derrière les tracts et le bouche-à-oreille, la question qui vient n’est pas celle du recours à ces outils, mais celle de savoir qui les conçoit, comment l’information y est hiérarchisée, et avec quels garde-fous. C’est exactement la question que la Part de Voix Souveraine entend rendre mesurable, avant qu’une échéance nationale ne la rende brûlante.
Quelles voix les modèles d’IA font-ils parler quand on les interroge sur votre marché, votre territoire, votre organisation ? ELMARQ mesure votre Part de Voix dans les réponses des modèles, via AI COMMAND. Réserver un diagnostic.


