Aller au contenu
AI Act : ce que les DirCom doivent anticiper avant août 2026
Le Journal ELMARQ ↗Analyse · N°3896
Performance & Tech

AI Act : ce que les DirCom doivent anticiper avant août 2026

Le 2 août 2026, l’Article 50 de l’AI Act entre en vigueur : obligation de transparence sur tous les contenus IA, étiquetage des deepfakes, divulgation chatbot. Amendes jusqu’à 15 M€. Mais l’AI Act contient aussi une exception stratégique que peu de DirCom connaissent encore. Guide complet et actualisé ELMARQ.

Entrer dans l’analyse
AI Act : ce que les DirCom doivent anticiper avant août 2026
© ELMARQ · Illustration éditoriale
En brefLa synthèse de cette analyse

L'AI Act, Règlement (UE) 2024/1689 entre en vigueur le 1er août 2024, impose aux équipes communication une échéance dominante : le 2 août 2026, date d'application de l'Article 50 sur la transparence des contenus générés par IA (Commission européenne, 2026). Le problème pour les directeurs de la communication est double : divulguer les chatbots et étiqueter les contenus IA, tout en préservant la valeur éditoriale et la protection par le droit d'auteur. La réponse d'ELMARQ mobilise le contrôle éditorial humain comme levier de gouvernance informationnelle. L'Article 50, alinéa 4, exempte d'étiquetage le texte qu'une personne physique a relu, validé et dont elle assume la responsabilité . ELMARQ cartographie d'abord les usages IA pour distinguer les rôles de fournisseur et de déployeur, puis documente le processus éditorial. Selon l'analyse du cabinet Bird & Bird, cette documentation préserve aussi la protection par le droit d'auteur qu'un contenu classé entièrement IA peut perdre, alignant conformité réglementaire et stratégie de différenciation.

À retenir

4 points clés
  1. En France, les autorités pressenties pour la supervision sont la CNIL (protection des données), la DGCCRF (pratiques commerciales) et l’Arcom (contenus en ligne et audiovisuels).

  2. Pour les directeurs de la communication, directeurs marketing et équipes contenu, une date domine toutes les autres : le 2 août 2026.

  3. Mais l’Article 50 sur la transparence du contenu IA n’est pas concerné par ce report.

  4. Obligation 1 : divulgation des systèmes d’IA conversationnels.

Le calendrier que tout DirCom doit connaître aujourd’hui

L’AI Act, Règlement (UE) 2024/1689, est entré en vigueur le 1er août 2024. Son application est progressive et son calendrier doit être lu comme une série de deadlines, pas comme une entrée en vigueur unique. Pour les directeurs de la communication, directeurs marketing et équipes contenu, une date domine toutes les autres : le 2 août 2026.

C’est à cette date que l’Article 50 du règlement entre en vigueur. Cet article établit les obligations de transparence qui touchent directement toute organisation utilisant des systèmes d’IA pour produire du contenu, interagir avec des utilisateurs ou diffuser des communications numériques. Son champ d’application est délibérément large : il ne concerne pas seulement les développeurs d’IA. Il concerne toute entreprise qui déploie un système d’IA capable de générer du texte, de l’image, de l’audio ou de la vidéo.

Date Obligation Qui est concerné
1 août 2024 Entrée en vigueur du règlement Tous
2 février 2025 Pratiques interdites (scoring social, manipulation subliminal) + obligations de littératie IA Tous
2 août 2025 Obligations des modèles GPAI (GPT-4, Claude, Gemini…) : documentation, transparence droits d’auteur, risques systémiques Fournisseurs de modèles IA généraux
2 août 2026 Article 50 : obligations de transparence sur le contenu IA. Systèmes à haut risque (Annexe III) si Digital Omnibus non adopté Tout déployeur de système IA génératif · DirCom en première ligne
Juin 2026 Publication du Code de pratique final sur le marquage des contenus IA (référence de conformité Article 50) Tous les déployeurs d’IA générative
2 décembre 2027 Date butoir maximale pour les systèmes à haut risque Annexe III (si Digital Omnibus adopté) Systèmes IA dans RH, crédit, éducation, forces de l’ordre
Calendrier d’application de l’AI Act · données officielles Commission européenne · mars 2026

Une précision critique sur le Digital Omnibus : en novembre 2025, la Commission européenne a proposé un paquet de simplification (Digital Omnibus) qui conditionne l’entrée en vigueur des obligations sur les systèmes à haut risque à la disponibilité des normes harmonisées, repoussant leur échéance maximale à décembre 2027. Mais l’Article 50 sur la transparence du contenu IA n’est pas concerné par ce report. Il reste applicable au 2 août 2026. Le Digital Omnibus prévoit seulement un délai de grâce de 6 mois pour les systèmes déjà sur le marché avant cette date concernant le watermarking machine-readable, soit jusqu’au 2 février 2027. Pour tous les nouveaux systèmes et toutes les autres obligations de transparence, la deadline du 2 août 2026 est maintenue.

Mise à jour du 25 septembre 2026 : le Digital Omnibus a été adopté (règlement (UE) 2026/1744, en vigueur le 27 juillet 2026). Le délai de grâce pour le marquage lisible par machine, qui incombe au fournisseur, court jusqu’au 2 décembre 2026 pour les systèmes mis sur le marché avant le 2 août 2026, et non jusqu’au 2 février 2027 ; l’échéance des systèmes à haut risque de l’Annexe III est fixée au 2 décembre 2027. Le même règlement a réécrit l’article 4 sur la maîtrise de l’IA.

Ce que l’Article 50 exige concrètement des équipes communication

L’Article 50 du Règlement (UE) 2024/1689 établit quatre obligations de transparence distinctes. Chacune a des implications directes pour les équipes communication et marketing.

Obligation 1 : divulgation des systèmes d’IA conversationnels. Tout système d’IA capable d’interagir directement avec une personne physique (chatbot, assistant virtuel, agent conversationnel) doit informer l’utilisateur qu’il interagit avec une machine, et non avec un humain. Cette obligation concerne le chatbot de votre site web, votre assistant clientèle automatisé, votre outil de réponse aux emails. Exception : quand l’utilisation de l’IA est « évidente au regard du contexte » ou quand elle sert des finalités légales d’application de la loi. Pour la communication d’entreprise standard, cette exception ne s’applique pas.

Obligation 2 : marquage machine-readable des contenus IA générés. Les fournisseurs de systèmes d’IA générative doivent s’assurer que leurs outputs (texte, image, audio, vidéo) sont marqués dans un format lisible par machine, permettant de détecter qu’ils ont été générés ou manipulés par une IA. Pour les déployeurs (vous), l’obligation principale sera de vous assurer que les outils que vous utilisez respectent cette exigence technique. Le Code de pratique en cours d’élaboration prévoit un système de watermarking et de métadonnées de provenance. Le 2e projet du Code de pratique, publié le 5 mars 2026, supprime la distinction entre contenu « entièrement IA » et « assisté par IA » : tout sera étiqueté de la même façon.

Obligation 3 : étiquetage visible des deepfakes. Tout contenu « deepfake » (audio, visuel ou audiovisuel représentant de manière réaliste des personnes, lieux ou événements n’existant pas ou altérés) doit être signalé de façon claire et distincte dès la première exposition. Pour une vidéo non en temps réel : une icône visible accompagnée d’un avertissement en début de vidéo. En attendant l’icône commune européenne définitive, le Code de pratique prévoit une solution intermédiaire : un label visuel avec l’acronyme « IA » en français. Exception limitée : les oeuvres manifestement artistiques, créatives ou satiriques bénéficient d’un régime allégé, mais l’exemption totale n’existe pas.

Obligation 4 : divulgation des textes IA sur des sujets d’intérêt public. Tout texte généré par IA et publié dans le but d’informer le public sur des questions d’intérêt public doit être clairement signalé comme généré par une IA. C’est ici que se trouve l’exception stratégique dont nous parlons plus loin.

Fournisseur ou déployeur : la distinction qui change tout

L’AI Act distingue deux rôles fondamentaux dans la chaîne de valeur de l’IA. Cette distinction détermine vos obligations spécifiques.

Le fournisseur est l’organisation qui développe le système d’IA et le met sur le marché. OpenAI pour ChatGPT, Anthropic pour Claude, Adobe pour Firefly. Les fournisseurs ont les obligations les plus lourdes : documentation technique, watermarking des outputs, tests de robustesse, conformité aux droits d’auteur.

Le déployeur est l’organisation qui utilise un système d’IA existant dans le cadre de ses activités professionnelles. C’est le cas de la grande majorité des entreprises qui utilisent ChatGPT, Claude, Midjourney, Copilot ou tout autre outil IA pour produire du contenu, gérer leurs communications ou interagir avec leurs clients. Les déployeurs ont des obligations plus légères, mais elles ne sont pas nulles, notamment sur la transparence visible (étiquetage deepfakes, signalement des textes d’intérêt public ; la divulgation des chatbots incombe à celui qui conçoit ou met en service l’assistant sous son nom).

Le piège fréquent : beaucoup d’entreprises sont simultanément fournisseurs et déployeurs pour différents systèmes. Une ETI qui utilise ChatGPT pour ses communications (déployeur) et qui a développé en interne un outil IA de traitement des commandes (fournisseur) est soumise aux deux régimes. La cartographie des usages IA est donc la première étape indispensable, bien avant de parler de conformité.

L’exception que chaque DirCom doit connaître : le contrôle éditorial humain

L’Article 50, alinéa 4, contient une clause qui a reçu peu d’attention médiatique mais qui est stratégiquement fondamentale pour toute organisation produisant du contenu.

L’obligation d’étiqueter un texte généré par IA publié à des fins d’information du public ne s’applique pas lorsque le contenu a fait l’objet d’un processus d’examen humain ou de contrôle éditorial et lorsqu’une personne physique assume la responsabilité éditoriale de ce contenu.

En d’autres termes : si un humain relit, modifie, valide et assume la responsabilité d’un texte partiellement généré par IA avant publication, l’étiquetage obligatoire « contenu généré par IA » ne s’applique pas.

Cette exception n’est pas une faille. C’est une reconnaissance explicite par le législateur européen que le travail éditorial humain change la nature du contenu. Un texte qui passe par un filtre éditorial humain sérieux, sous la responsabilité d’une personne identifiée, est dispensé d’étiquetage. Ce que le texte reconnaît, c’est la responsabilité éditoriale, et cette reconnaissance crée de la valeur.

Les implications pour les équipes communication sont directes. Toute organisation qui met en place des processus de relecture et de validation humaine de ses contenus IA dispose d’un double avantage : elle se conforme à l’exception légale de l’Article 50 et elle produit des contenus dont la qualité éditoriale est garantie par une responsabilité humaine identifiée. Ce n’est pas simplement de la conformité. C’est une stratégie de positionnement.

Le cabinet d’avocats Bird & Bird pointe une implication supplémentaire dans son analyse du Code de pratique : la classification d’un contenu comme « entièrement généré par IA » a des conséquences sur la protection par le droit d’auteur en droit européen, qui requiert une contribution créative humaine. Un contenu que vous déclarez vous-même « entièrement IA » pourra difficilement revendiquer une protection, ce qui faciliterait sa réutilisation par des tiers. Un contenu « assisté par IA » avec contrôle éditorial humain documenté conserve de meilleures chances de protection, qui dépend de la contribution créative humaine effective. La décision de documenter ou non votre processus éditorial humain a donc des conséquences à la fois réglementaires et commerciales.

Le Code de pratique : gouverner par le code volontaire qui devient opposable

L’AI Act prévoit explicitement le développement de codes de pratique volontaires pour faciliter la mise en conformité avec l’Article 50. Le Bureau de l’IA de la Commission européenne a lancé en novembre 2025 un processus de rédaction associant plus de 200 parties prenantes (fournisseurs IA, associations de déployeurs, ONG, experts académiques). Un premier projet a été publié le 17 décembre 2025. Un deuxième projet a été publié le 5 mars 2026. Le code final est attendu pour juin 2026, avant l’entrée en vigueur de l’Article 50 en août.

Ce code est « volontaire ». Dans les faits, il ne l’est pas vraiment. Plusieurs analyses juridiques (Jones Day, Bird & Bird, Pearl Cohen) convergent sur ce point : le Code de pratique deviendra la référence principale utilisée par les régulateurs et les tribunaux pour évaluer si une organisation remplit ses obligations au titre de l’Article 50. Une organisation qui ne s’y conforme pas, ou qui ne peut pas présenter un système équivalent, s’expose à un examen renforcé de la part des autorités nationales compétentes.

C’est ce que nous appelons chez ELMARQ « gouverner par le code » : le mécanisme par lequel un instrument volontaire acquiert une force quasi-obligatoire parce qu’il devient la référence de ce que les régulateurs considèrent comme une bonne pratique. L’AI Act n’est pas le premier règlement à fonctionner ainsi : le RGPD a suivi le même chemin avec ses lignes directrices du Comité européen de la protection des données.

Pour les équipes communication, cela signifie que la conformité ne s’arrête pas au texte du règlement. Elle inclut l’alignement avec le Code de pratique, même avant sa finalisation. Les organisations qui participent activement à sa rédaction ou qui s’alignent précocement sur ses orientations auront une longueur d’avance réglementaire et réputationnelle.

Les sanctions : ce que les dirigeants doivent comprendre avant le conseil d’administration

L’AI Act prévoit plusieurs niveaux d’amendes administratives selon la gravité de l’infraction.

Pour les violations des obligations de transparence de l’Article 50 (la non-divulgation d’une interaction IA, le défaut d’étiquetage d’un deepfake, l’absence de mention sur un texte IA d’intérêt public) : amendes jusqu’à 15 millions d’euros ou 3 % du chiffre d’affaires mondial annuel, le montant le plus élevé étant retenu (pour les PME et les start-up, c’est le montant le plus faible des deux).

Pour les pratiques interdites (article 5) : amendes jusqu’à 35 millions d’euros ou 7 % du chiffre d’affaires mondial annuel.

Pour les informations incorrectes ou trompeuses fournies aux autorités : jusqu’à 7,5 millions d’euros ou 1 % du chiffre d’affaires.

En France, les autorités pressenties pour la supervision sont la CNIL (protection des données), la DGCCRF (pratiques commerciales) et l’Arcom (contenus en ligne et audiovisuels). Ces autorités exercent déjà des compétences qui recoupent plusieurs obligations de l’AI Act. Les entreprises ayant des antécédents en matière de RGPD ou de DSA se retrouveront sous la surveillance d’autorités qui connaissent déjà leurs pratiques.

Un point spécifique pour les PME et ETI : le Digital Omnibus étend les dispositions simplifiées de conformité au système de gestion de la qualité (Article 17) aux petites et moyennes entreprises, qui n’en bénéficiaient auparavant que pour les microentreprises. C’est une mesure concrète d’allègement qui réduit le coût de la mise en conformité pour les structures de taille intermédiaire.

L’asymétrie du risque : pourquoi certaines entreprises sortent renforcées d’une deadline réglementaire

Toute deadline réglementaire crée une asymétrie. Certaines organisations la subissent : elles s’y conforment à minima, en retard, sous contrainte, avec le sentiment que la réglementation est un fardeau. D’autres l’anticipent : elles s’y conforment en avance, en faisant de la conformité un signal de confiance auprès de leurs audiences.

Pour les équipes communication, cette asymétrie a une dimension supplémentaire. L’AI Act crée un marqueur de différenciation que peu d’entreprises ont encore exploré : la visibilité du contrôle éditorial humain comme preuve de qualité.

Imaginez deux entreprises du même secteur. La première étiquette tous ses contenus « généré par IA » parce qu’elle n’a pas mis en place de processus de validation humaine. La seconde a documenté un processus de relecture et de responsabilité éditoriale qui lui permet d’invoquer l’exception de l’Article 50 et de publier sans étiquetage obligatoire. Dans l’esprit des audiences habituées à lire des milliers de contenus IA, le contenu de la seconde entreprise sera perçu, inconsciemment ou explicitement, comme plus fiable.

Ce mécanisme reste une hypothèse, cohérente avec les données de confiance analysées dans notre article sur la Fatigue Synthétique : les consommateurs accordent une valeur nouvelle à l’authenticité en 2026 comme prérequis d’engagement. L’AI Act codifie légalement ce que le marché exprime déjà socialement.

Les organisations qui construisent leur processus éditorial humain maintenant, avant la deadline, ne se contentent pas de se conformer. Elles se positionnent dans la catégorie des émetteurs de contenu fiables au moment précis où cette catégorie prend de la valeur relative.

Le plan d’action en 5 étapes pour les DirCom avant août 2026

Étape 1 : cartographier les usages IA éditoriaux. Inventoriez tous les outils IA utilisés par vos équipes pour produire du contenu : rédaction, images, vidéos, audio, emails automatisés, chatbots, réponses réseaux sociaux. Pour chaque outil, identifiez si vous êtes fournisseur (vous l’avez développé) ou déployeur (vous utilisez un service tiers). Cette cartographie doit inclure la « Shadow AI » : les outils utilisés par les équipes sans autorisation formelle de la direction. Une étude Workday de janvier 2026 rappelle que 89 % des organisations n’ont pas mis à jour leurs processus pour refléter les usages IA réels. Votre cartographie révélera probablement des angles morts.

Étape 2 : identifier vos contenus d’intérêt public. L’obligation d’étiquetage des textes IA s’applique aux textes « publiés dans le but d’informer le public sur des questions d’intérêt public ». Cette définition est large. Elle couvre potentiellement vos communiqués de presse, vos prises de position publiques, vos contenus sur des sujets de santé, d’environnement, d’économie ou de politique. Pour ces contenus, vous avez deux options : étiqueter explicitement, ou documenter un processus de contrôle éditorial humain permettant d’invoquer l’exception légale.

Étape 3 : formaliser un processus de contrôle éditorial humain. Ce processus doit être documenté, pas seulement pratiqué. Il doit identifier une personne physique responsable de chaque contenu publié, préciser les étapes de relecture et de validation, et laisser des traces consultables (historique d’édition, validation, signature). Ce n’est pas un document administratif : c’est votre preuve de conformité à l’exception Article 50 et votre protection en cas de contrôle.

Étape 4 : auditer vos chatbots et agents conversationnels. Tous vos systèmes d’IA conversationnels doivent informer les utilisateurs qu’ils interagissent avec une machine. Si votre chatbot se présente sous un prénom humain sans mention de sa nature artificielle, vous vous exposez à une non-conformité au 2 août 2026. Vérifiez également vos outils de réponse automatique aux emails clients : s’ils sont capables de mener une conversation, ils sont concernés.

Étape 5 : suivre le Code de pratique et ses évolutions. Le 2e projet a été publié le 5 mars 2026. La version finale est attendue en juin 2026. Chaque mise à jour précise les obligations pratiques de marquage, d’étiquetage et de divulgation. Désignez un responsable interne qui suit ces évolutions et les traduit en procédures opérationnelles pour vos équipes.

Ce que la conformité AI Act dit de votre positionnement éditorial

La conformité à l’AI Act n’est pas seulement un exercice juridique. Elle est un révélateur de stratégie éditoriale.

Une organisation qui étiquette massivement ses contenus « généré par IA » envoie un message à ses audiences : elle produit du contenu IA non supervisé à grande échelle. C’est conforme. C’est aussi un signal qui, dans le contexte actuel de Fatigue Synthétique, peut fragiliser la confiance.

Une organisation qui a mis en place des processus éditoriaux humains robustes et qui peut invoquer l’exception Article 50 envoie un message différent : elle utilise l’IA comme outil, pas comme auteur. Elle maintient une responsabilité humaine sur ses prises de parole publiques. Dans un environnement informationnel saturé de contenu synthétique, ce positionnement est rare et précieux.

L’AI Act, lu sous cet angle, n’est pas une contrainte extérieure imposée à votre stratégie de contenu. Il est une infrastructure réglementaire qui récompense les organisations ayant investi dans la qualité éditoriale humaine avant que ce choix ne devienne obligatoire pour les autres.

Les DirCom qui comprennent cette logique maintenant ont jusqu’en août 2026 pour bâtir leur avantage. Ceux qui attendront la deadline pour s’y conformer construiront leur conformité dans l’urgence, sans en tirer de bénéfice stratégique.

Vous utilisez des outils IA pour produire du contenu et vous ne savez pas encore si vos processus vous permettent d’invoquer l’exception « contrôle éditorial humain » de l’Article 50 ? L’audit Empreinte Narrative IA ELMARQ cartographie vos usages IA éditoriaux, identifie vos zones de risque réglementaire et vous aide à construire la stratégie de conformité qui renforce votre positionnement plutôt que de le fragiliser. 60 minutes. Prenez contact sur elmarq.fr.

AI Act, Article 50, DirCom et conformité août 2026 : sources officielles et analyses juridiques

Sources & références

Correction du 25 septembre 2026. Le barème des sanctions est rectifié (35 millions d’euros ou 7 % visent les seules pratiques interdites ; les PME se voient appliquer le montant le plus faible) ; l’exception de contrôle éditorial est ramenée à sa portée (textes d’intérêt public, hors hypertrucages et marquage par le fournisseur) ; la divulgation des chatbots est rattachée au fournisseur. Mise à jour : le Digital Omnibus adopté fixe au 2 décembre 2026 la fin du délai de grâce pour le marquage des systèmes déjà sur le marché.

§ Questions fréquentes

Ce qu'il faut comprendre

Quelle est la date d’entrée en vigueur de l’AI Act pour les contenus IA ?

Le 2 août 2026, entrée en vigueur de l’Article 50 (transparence contenus IA). Cette date n’est pas concernée par le Digital Omnibus, qui reporte uniquement les systèmes à haut risque (Annexe III) jusqu’au 2 décembre 2027. Seule exception Digital Omnibus : délai de grâce pour le watermarking des systèmes déjà sur le marché, proposé à 6 mois (2 février 2027) et fixé au 2 décembre 2026 dans le texte adopté (règlement (UE) 2026/1744).

Quelles sont les 4 obligations de l’Article 50 pour les équipes communication ?

(1) Divulgation chatbot : informer les utilisateurs qu’ils interagissent avec une IA · (2) Marquage machine-readable des contenus IA générés · (3) Étiquetage visible des deepfakes (icône "IA") · (4) Signalement des textes IA publiés à des fins d’information du public sur des sujets d’intérêt public. Amendes jusqu’à 15 M€ ou 3 % du CA pour violation.

Peut-on éviter l’étiquetage "contenu généré par IA" sur ses publications ?

Pour les textes d’intérêt public, oui. L’Article 50§4 prévoit une exception explicite : l’étiquetage obligatoire ne s’applique pas si le texte a fait l’objet d’un contrôle éditorial humain documenté et si une personne physique assume la responsabilité éditoriale. Condition : documenter le processus de relecture et identifier un responsable nommé pour chaque contenu publié.

Qu’est-ce que le Code de pratique sur le marquage des contenus IA ?

Instrument volontaire élaboré par le Bureau de l’IA avec 200+ parties prenantes. 1er projet : 17 décembre 2025. 2e projet : 5 mars 2026. Version finale attendue : juin 2026. Le 2e projet supprime la distinction "entièrement IA" / "assisté par IA" : tout sera étiqueté pareil. Bien que volontaire, il deviendra la référence des régulateurs pour évaluer la conformité Article 50.

Quelles sont les autorités françaises pour l’AI Act ?

CNIL (données personnelles) · DGCCRF (pratiques commerciales) · Arcom (contenus audiovisuels et en ligne). Ces autorités se coordonnent et ont une vision croisée des organisations déjà connues via RGPD et DSA.

Qu’est-ce que le Digital Omnibus sur l’AI Act ?

Paquet de simplification proposé le 19 novembre 2025 par la Commission européenne. Reporte l’entrée en vigueur des obligations pour les systèmes à haut risque Annexe III au 2 décembre 2027 maximum, en la conditionnant à la disponibilité des normes harmonisées. En cours d’adoption par le Parlement et le Conseil. Ne reporte pas l’Article 50 sur la transparence des contenus IA.

Votre prochaine lecture
L’analyse de

Marc Lugand-Sacy

Fondateur, Président et associé d’ELMARQ.

Son parcours et sa méthode ↗
Citer cette analyse · référence et lien permanent
§ Citer cet article
Référence académique

Lugand-Sacy, Marc (2026). AI Act : ce que les DirCom doivent anticiper avant août 2026. Journal ELMARQ. https://elmarq.fr/journal/ai-act-aout-2026-dircom-anticipation-conformite-transparence

PartagerLinkedInTwitter / XEmail

Garder une lecture d’avance.
Recevoir la sélection du vendredi.

M’inscrire à la newsletter ↗

Gouvernance des contenus IA

Vos contenus IA
engagent votre organisation

Les obligations de transparence de l'article 50 de l'AI Act sont applicables. La difficulté n'est pas de les lire, elle est de savoir lesquels de vos contenus entrent dans le périmètre, qui en répond en interne, et ce qui reste à documenter.

Ce que cette page montre
Le cadre commun, ce qu'il vise et ce qu'il exempte, tel qu'il est publié.
Ce qu'une mission couvre
L'inventaire de vos contenus, la répartition des responsabilités, et ce qui manque à votre documentation.

Pour votre mission

Marc Lugand-Sacy structure le cadrage éditorial et les exigences de preuve. Bénédicte Dubois contribue à leur appropriation dans les usages commerciaux et les réseaux. Le périmètre est défini avec vos responsables internes.

Les expertises des deux associés ↗

Trente minutes, sans engagement · Avec les associés · réponse sous 24 heures ouvrées

ELMARQ · Réponse sous 24 heures ouvrées · Échange confidentiel

Lire d'autres analyses